‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 455 sur 975 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

FENELLA, ALPHONSE, ELWmZ , enveloppée dans im mantiau, la tète couverte d'un voile noir.

ALPHONSE

Ah! ipii que vous soyez, accueillez ma prière,

El dérobez-nous à la mort.

Ciel! que vois-je? c'est elle! ô justice sévère I

Elle est inaitresse (le mon sort.

FENELLA. Elle recule avec effroi, lui fait entendre que jamais vn crime ne reste impuni, lui reproche sa trahison.

ALPHONSE

Oui, j'ai mérité ta colère.

Sois juste, abandonne ii leurs bras Le perfide qui l'a trahie! Les meurtriers sont sur mes pas.

Venge-toi, In le jieux.

FENELLA. Fil mettant le doigt sur sa bouche, elle lui fait signe qu'on peut les entendre, et l'eiitrainc rapidement de l'autre enté du théâtre, en lui montrant la porte par laquelle tes pécheurs viennent de sortir.

ALPHONSE

Ah ! que par mon trépas Ta vengeance soit assouvie!

Mais le destin d'une autre à mon sort est lié; Pour une autre que moi j'implore ta pitié! Prends mes jours, épargne sa vie!

FENELLA. Elle jette un regard sur Elvire, court vers elle, entr'ouvre son manteau, lui arrache le voile qui couvre son visage, s'éloigne d'elle avec colère, et semble dire : Voilà donc celle que tu m'as préférée, et tu veux que je l'épargne !

ELVIRE

Fenella, sauvez mon é|iou'i!

FENELLA. Elle n'est plus maitrcsfie d'elle même, et n'écoute que sa jalousie. Elle aurait sauvé Alphonse, mais elle veut perdre sa rivale. Déjà elle a fait un pas vers la porte de la cabane où les pécheurs sont rassemblés. ELVIRE, l'arrêtant pur la main.

Vous, nous trahir! quel traiisiiort vous entraine? Ne nous repoussez pas, c'est votre souveraine Qui vous demande asile et tremble devant vous.

FENELLA Son cccur passe tour à lourde la vengeance à la pitié; elle s'arrête entre Alphonse et Elvirt. [elmie.

Arbitre d'une vie Qui va m'étre ravie, A ma voix qui sii|iplic Laissez-vous attendrir.

ALPHONSE

Du sort qui nous opprime Que je sois seul vielime! Seul j'ai commis le crime Dont tu veux la imnir.

FENELLA. Elle s'cst loissé ttnirher à la voix iVElvirc ; et comme frappée de la voir si belle, elle relire brus-

LA MUETTE DE PORTIGI

ALPBONSE.

Du sort qui nous oppjime Que je sois seul viclinic!

Seul j'ui commis le ciimc Dont tu veux la punir.

ELViBE.

Arbitre d'une vie Qui va m'ètre ravie, A ma \oi\ qui supplie Laissez-vous attenJnr,

FEXELLA. Elle ne peut résister à leurs prières; elle fait un violent effort sur e'Ie-mème, saisit leurs maim. et jure de les sauver ou de mourir avte eux. {On entend du bruit; ilasaniello sort de la porte à droite; Alphonse saisit son épée.)

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