SCENE viir
Les PRECEDENTS, PfÉTRO, BORELLA, qi'eloues Conjurés
PIÉTRn.
P.ir le peuple conduits, marcliant d'un pas docile.
Les niaçislrats napolitains
Viennent déposer dans tes mains
Les clés des portes de la ville.
{Apercevant Alphonse.) Que vois-je, juste ciel! le lils du viec-roi I
qu\THent sa main, que la princesse tenait dans /es siennes
ELVIRE
Daiij vos maux, fille infortunée.
Ma bonté fut votre recours ;
Et moi, dans la mèm; journée.
Je viens implorer vos secours.
Je pris pitié de vos alarmes
Lorsque je vis couler vus larmes ;
Mes larmes coulent devant vous.
Je vous vis, pour fuir votre cbaiiie.
Tomber au\ pieds de votre reine;
Votre reine est à vos genoux!
FENELLA. Elle ne peut vaincre son émotion; elle les repousse encore, mais faiblement, et se détourne pour cacher ses pleurs quelle veut étouffer.) {.ilphonse et Elvire, qui s'aperçoivent de l'impression qu'elle éprouve, se rapprochent d'elle, et redoublent leurs instances avec un accent plus touchant.)
ENSEMBLE
Que nie dis-tu, Piétro?
MASANtELLO.
PIÉTRO
Lui-même est devant toi.
PIETRO
Du transport qui m'anime Il sera la victime :
Qu'il craigne mon courroux!
Un hasard favorable Permet que le coupahle Tombe eufin sous nos coups.
Je sens qu'en sa présence Les torts de sa na ssjnce Réveillent mon courroux.
Mais plus fort que la haine.
Le serment qui m'enchaine Le dérobe à leurs coups.
ALPHONSE
Funeste destinée!
Ah! qu'une iuforlunee Ecliap|ie à leur courroux!
S'ils épargnent sa vie, Je brave leur furie; Mou sort me sera doux.
ELVJRE.
J'attends avec constance L'anét de leur vengeance Qui doit me joindre à vous.
Le péril nous rassemble :
Si nous mourons ensemble, Mon sort me sera doux.