LES CHEVALIERS ET LE GOUVEHNEUB
Et pour renaître à l'existence.
Nous saurons bien le reconnaître.
11 faut aimer, former de nouveaux hœuds.
Avançons...
{Apercevant Raitnbaud gui est en paysan.]
Hélas! je ne le peux.
Qu'ai-je vu!., c'est Rainibaud,
Le confident, l'ami de notre maitre!
Naguère encor d'un éternel veuvage
Mon cœur fit le serment.
RAIMBAl'D.
Taisez-vous donc, ne dites mot.
LE COMTE
Le ciel vous en dégage.
LE GOUVERNECR.
Il ordonne que de vos jonrs La llanime se ranime au flambeau des amours.
Plus de doute, plus de mystère, {Montrant rcrmite.)
C'est Monseigneur! c'est lui!
LA COMTESSE
LE COMTE, à voix bassc.
Surprise extrême!
Misérable! crains ma colère.
Le ciel lui-même
■Vient par sa voix me ranimer!
{À part.)
Tors LES CHEVALIERS, s'inclinonl.
C'est le comte Ory.
TOUTES LES FEMMES, s'éloiynant avec effroi, et se réfu-
Toi, pour qui je soupire.
giant dans un coin.
Toi, cause d'un martyre
Le comte Ory I
Que je n'osais exprimer, Isolier, je puis donc t'aimer!
Je puis t'aimer et te le dire !
LES PAYSANS, s'avançant avec indignation. Le comte Ory!
LE COMTE
Ah! bon ermite, que mon cœur
Eh bien! oui... le voici.
Vous doit de reconnaissance !
Par vos talents, votre science.
QUATUOR DICESIMO.
Vous m'avez rendu le bonheur.
Ciel! 0 terreur! 6 trouble extrême!
ISOLIER ET LE CUOEUR, à part.
Quel indigne stratagème !
Oui, sa douce parole
Mon cœur
Semble la ranimer;
En frémit'd'horrcur.
Le mal qui la désole
LE COMTE, bas, à Itaimbaud.
Commence ii se calmer.
0 dépit extrême !
Lorsque j'étais sur du succès.
C'est notre gouverneur lui-même
LE CHŒUR
Les belles affligées
Qui vient déjouer mes projets.
Par lui sont protégées...
LE GOUVERNEUR
Par lui, par ses discours.
Pour vous, et de la part d'un père (|ui vous aime
Les belles affligées
J'appiM'Ie cet écrit qu'il remit à ma foi.
Se consolent toujours.
Lisez.
ISOLIER, bas, au comte.
LE COMTE
C'est bien. . je suis content.
Eh ' hs toi-même ;
D'un chevalier est-ce l'emidoi?
Encore un mot, de grlco.
LE GOUVERNEUR, Usunt.
{.i (lemi-voix.)
« La croisade est finie,
D'un grand péril qui vous menace
CI Et dans notre patrie
Je dois vops .avertir! , il faut vous défier...
« Tous nos preux chevaliers vontbieulêt re\enir. ■>
LE COMTE ORY
TOI TES LES FEMMES, OVeC JOIB.
La croisade est finie.
Et dans notre patrie Tous nos maris vont enlin revenir.
LE GOUVERNEUR, lisant, « Mon rds, pour mieux fèlcr des guerriers que j'iiuiiorej n Je veux qu'auprès de moi vous brilliez à ma cour... n Mais venez... hitez-vous; car la deuxième aurore Il Peut-être dans ces lieux les verra de retour. »
ENSEMBLE
CHCEUR DE FEMMES.
Quoi! demain?., ù bonheur extrême!
Nos maris vont revenir!
Quoi! demain?., i dépit extrême!
Leurs maris vont revenir!
nAiMBAi'D, bas- Oui, Monseijfncur, il laut partir; A voire père il taut obéir.
LE COMTE
Il n'est pas temps... un dernier stratagème Peut encor nous servir.
DAME KAGONDE ET LES FEMMES, 0» COIllle Ury.
Adieu vous dis, ô noble eomte, Soyez plus heureux désormais.
LE COMTE, à part.
Sachons venger ma honte Par de nouveaux succès.
{Bas, à Haimbaud.) Un jour encor nous reste.
Sachons en proliter.
RAiMDAiD, bas.
Quoi! ce retour funeste...
LE COMTE
Ne saurait m'arrèter.