‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 485 sur 975 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

AIR

LE COMTE, LE GOUVERNEUR, onze Chevaliers. Ih sont

Dans ce lieu solitaire.

vêtus d'une pèlerine qui est entrouverte, et lai-jse

Propice au doux mystère,

apercevoir leurs habits de chevaliers.

Moi, qui n'ai rien à f.iiro.

Je m'étais endormi.

LE CHŒUR

Dans mou àme indécise,

Ah ! la bonne fohe !

Ccrt.iiu goût d'entreprise

C'est charmant, c'est divin !

Que l'exemple autorise

Le plaisir nous convie

Vient m'éveiller aussi.

A ce joyeux festin

C'est le seul moyen d'étro

LE COMTE

Digue d'un pareil mailre.

L'aventure e.st jolie,

Et je veux r,;coniiailre

N'est-il pas vrai... monsieur mon gouverneur?

Ce manoir en détail !

LE GOlIVERNEl-R.

Je pars... Je m'oriente;

Je pense comme Monseigneur.

A mes yeux se iirésento

Mais si le duc...

Uuc cliambre élégante,

LE COHTE,

C'est celle du travail.

Mon père...

Une harpe jolie ,.

LE COUVEBNEUn.

D; la tapisserie ;

Apprend celte folie,

Pros d'une broderie

Ma place m'est ravie!

J'aperçois un roman !

Il faudra prendre garde.

Même en une chambrette.

LE COMTE

J'ai, d.ins une cachette.

Eh ! mais, c'est ton emploi;

Cru voir 1 historiette

Tu veilleras pour nous, et nous rirons pour toi.

Du bcauTirau-le-Bluic!

Rien ne nous manquera, je pense;

Marchant à l'aventure

Car sagement j'ai su choisir

Sous une voûte obscure.

Mes compagnons, pour le plaisir.

Je vois une ouverture. .

Mon gouverneur, pour la prudence.

C'est un vaste cellier.

LE GOUVERNEIR.

Dont l'étendue immense

Qui peut vous inspirer pareille extravagance ?

Et la bonne apiiarence

LE COMTE

Attestaient la [irudence

C'est mon page Isolier... mon rival.

Du sir de Formoutier,

LE GOIVERXEIR.

Arsenal redoutable.

L'imprudent!

Qui fait qu'on puise a table

LE COMTE

Un courage indomptable

Qui, ne connaissant point l'objet de ma tendresse,

Contre le Sarrasin.

M'a suggih'i' lui-même un tel déguisement

Armée immense et belle.

Pour mieux enlever sa maîtresse.

D'une espèce nouvelle.

LE GOUVERNEUR

Plus à craindre que celle

Et le ciel le punit.

Du sultan SaKadin...

LE COMTE

Près des vins de Touraine,

En me récompensant.

Je vois ceux d'Aquilaiue;

LE CHŒUR

Et ma vue incertaine

Oh ! la bonne folie !

S'égare en les comptant.

C'est charmant, c'est divin!

Là, je vois l'Allemagne;

Le plaisir nous convie

Ici, brdie l'Espagne;

A ce joyeux festin.

Là, frémit le Champagne

[Ils se mettent ù table.)

Du joug impatient.

LE COMTE ORY

J'hisite... A trouble extrême! 0 duii\ pii'il (|iie j'aime !

El seul, avec moi m^me, Contre tant d'ennemis, Au liasard je m'élance.

Sans compter je commence, J'attaque avec vaillance, A la l'ois vingt pays.

Quelle conquùte

Pour moi s'apprête!..

Mais je m'arrête.

J'entends du bruil.

Quelqu'un s'avance.

Vers moi s'élance!

On me poursuit.

Les échos en frémissent, Les voûtes retentissent.

Et moi, je fuis soudain,

Mais que m'importe?

Gaiment j'emporte Toute ma gloire et mon butin.

TOUS, étant les bouteilles du panier.

Partaseous son butin !

Qu'il avait de bon vin!

Le seigneur châtelain Pendant qu'il fait l.i guerre Au Turc, au Sirrasin, A sa santé si chère Buvons ce jus ilivin.

Buvons, buvons jusi|ii'à demain.

Quelle douce ambroisie!

Célébrons tour à tour Le vin et la folie, Le plaisir et l'amour.

LE COUTE

On vient... c'est la touriéru!.. Silence; taisez-vous!

Mettez-vous en prière, Ou bien c'est l'ait de nous.

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