SCENE IX
Les précédents, ISOLIER, et les autres Femmes.
ISOLIER
C'est moi, belle cousine, et point je ne mérite
Le lier courroux qui brille en vos beaux jeux.
LA comtesse.
Qui vous amène ici'?
ISOLIER
Le duc mon m litre.
Il m'.i chargé de vous faire coniiailre Que les iJrcux chevaliers...
DAME RAGONDE
Parlez, mou cœur frémit.
ISOLIER
Qu'on attendait demain, .iriiveiil cette nuit.
LE COMTE ORY
TOUTES
Quoi I nos maris... boiilC" divine!..
ISOUER.
Seront de retour à minuit.
Oui, dans l'ardeur i|ui les domine, lis veulent en sci:ret vous surprendre ce .soir.
TOliTES.
Ali! cetlieuren\ retour comhle tout notre espoir!
ISOLlEn.
Le duc le croit aussi ; mais il pense en sou àme Qu'un mari bien prudent prévient toujours sa femme. Un bonheur tro[i subit peut être dangereux.
DAME HAGONDE.
Quoi! nos maris enfin reviennent en ces lieux! Ah! le ciel les devait ;i nos vives tendresses. Je cours en piévenir nos aimables hôtesses. ISOLIER, l'arrêtant.
Et qui donc?
DAME RAGONDE
Quatorze vertus...
Que le comte Ory, voire maître, Poursuivait.
ISOLIER
De terreur tous mes sens sont émus.
Achevez... ce sont peut-être Des pèlerines?
DAME R.\GONDE
Oui, vraiment.
ISOLIER
C'est fait de nous... Sous ce déguisement Vous avez accueilli le comte Ory lui-même. Et tous ses chevaliers.
TOUTES
0 ciel!
LA COMTESSE
Terreur extrême!
DAME RAGONDE
Que dire à mon mari, trouvant en ses foyers Sa chaste épouse avec quatorze chevaliers?
TOUTES
Hélas! à quel péril sommes-nous réservées?
ISOLIER
Une heure seulement, et vous êtes sauvées. On va nous secourir... il faut gagner du temps.
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LE COMT E ORY.
TniTES.
Hi'las! iK'las! je ti'emble!
LA COMTESSE
Plus Irrrihle à lui seul que les autres cn-cmblp, Le eomtc Ory... le voici... je l'enleuils.
[Toutei Ici dames s'enfuient en poussant un ijrnn'1 cri. Isulicr va souffler la lampe qui cxt sur te guériJon, puis, s'envcifippant du voile que la comtesse vient rie quitter, il se placesur le can'ipé, et fait signe à la comtesse de s'approcher de lui.)
LA COMTESSE
D'effroi je suis toute saisie.
ISOLIEB.
Dame tant chérie!
Ame de ma vie !
Ne craignez rien, je suis auprts de vous,