‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 545 sur 975 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les PRÉCÉDENTES, BELENFANT.

BELENFANT. Paf excmplc, ma tante et ma cousine, en voilà une solide; et j'accours en estafette pour vous rendre un fameux service.

ADÉLAÏDE. Je te remercie de l'intention; mais dis vite, parce que je suis pressée.

BELENFANT. Je VOUS aunoiice donc qu'il y a contre vous quelque manigance.

ADÉLAÏDE. Peu m'importe.

BELENFANT. Je VOUS dls qu'ou voui VOUS faire des traits.

ADÉLAÏDE. Qu'est-ce que cela me fait?

BELENFANT. Mais ce|jcndant, quaud c'cst du sérieux.

ADÉLAÏDE. Ça m'est égal.

BELENFANT. Ah çà ! a-l-elle une tète , la petite cousine ! quand je vous dis que votre mari...

ADÉLAÏDE, avec impatience. Eh bien! mon mari?

BELENFANT. Votrc mari n'est pas votre époux.

ADÉLAÏDE ET MADAME GIRAUD. Qu'oStCC qUC Cela si-

gnific? mais parle donc vite.

BELENFANT , relevant sa moustache. Enfin j'ai donc la parole; vous savez que je chercliais un individu en retard, avec lequel je devais m'aligner; et j'étais t'entre pour l'attendre chez le traiteur qui est à coté de la mairie, lorsque je crois reconnaître dans la salle à côté la voix du cousin. Il causait avec un au Ire bourgeois, et j'ai entendu celui-ci qui lui disait: Oui , la maison munici|iale touche à celle du traiteur; c'est la même entrée, et c'est dans un de ses salons que tout à l'heure... (H fait le geste de signer.)

ADÉLAÏDE ET MADAME GIRAUD. Comiuent ! C'était UUC

ruse?

BELENFANT. CoiTimevous dites,uneruse pour éprouver votre caractère qui, à ce qu'il parait, a fait des siennes. Mais, minute; je suis là, d'autant plus qu'à une phrase qui lui est échappée j'ai découvert que le cousin n'était autre que mon parliculiird'hier ausoir, et j'allais engager laconversatiouindéfinimciil, lorsque je me suis dit: Belenfant, calme pour le quart d'heure ta martialité permanente, il s'agit de l'honneur de la famille.

AiR : Dans un amoureuse délire.

De peur d'encourir le blâme.

Va consulter tes parents, Avant de tirer la lame.

ADELAÏDE

0 ciel ! je vous le défends.

BELENFANT.

Non, j' dois venger cet outrage.

Et j' vais changer, dans 1' moment,

Ses billets de mariage

En billets d'enterrement.

En {ter.) billets d'enterrement!

ADÉLAÏDE. Et moi j'cxigc qu'on renonce à toute idée de duel ou de dispute; qu'on me laisse faire.

MADAME GIRAUD. 'Quel CSt tOU dcSSeiU?

ADÉLAÏDE. Je n'en sais rien , mais enfin laissez-moi tous les deux; vous surtout, mon cousin, si vous avez quelque amitié pour nous, je vous prie de partir à l'instant même.

BELENFANT. Alors, autant dire : en avant, marche !

MADAME GiBAUD. Mais cxplique-moî au moins...

ADÉLAÏDE. Je ne le puis, j'ignore moi-même ce que

LA DEMOISELLE ET LA DAME

BELEnFiNT. Un mililaire, Çi aurî loujours quelque chose de ûallcur pour une jeunesse. — Scène 8.

je ferai ; les voilà , je vous en prie, rentrez. [Belenfant et madame Giraud rentrent.)

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