LA FOLIE, UN BOSSU
LE BOSSU , o la cantonade. Vous pourriez bien prendre garde à ce que vous faites. Ces insolents, avec leurs montagnes. '" "'''''
LA FOLIE. Est-ce que Monsieur serait encore un concurrent?
LE BOSSU. Ça m'a presque coupé la respiration; on crie : Gare la montagne !
LA FOLIE
Air de la Pipe de tabac.
Autant que je puis m'y rounaitre, En frappant ab hoc et ab hac, Ils vous en ont lance peut-être Quelques-unes sur l'estomac.
LE BOSSU
La muntague était de calibre; Devant moi la voyant venir, Crar, j'en ai perdu l'équilibre.
LA FOLIE
Elle aurait àù le rétablir.
i.E BOSSU. A quoi .servent les montagnes, et où est la nécessite qu'il y en ait ici-bas?
LA FOLIE. Monsieur a ses raisons pour en vouloir aux montagnes.
LE BOSSU. Oui, Madame, j'en ai plein le dos. Il me souvient des montagnes russes, j'en ai un jour régalé toiit<,' la maison: ma fiiiime et mon premier garçon (11 ont en une courbature, et moi j'en ai eu une liosse au front en tombant sur le dos, le conire-coup appalemment.
LA FOLIE. Ici, c'est bien différent; si vous voulez seuhmient vous donner la iieinc d'entrtT.
LE BOSSU. J'en serais bien fâché ; donner trois livres pour ça! Ce n'est pas que je regarde au priv, un artiste Cviuinie moi. .
LA FOLIE. Ah ! Monsieur est artiste;?
' Dans le Jardin Ruggieri, rue Saint-Lazare, on avait ('•lijdi une espèce de balançoire assez dangereuse (|U'on avait décoiée du nom de saut du jViaijara.
LE COMBAT DES MONTAGNES
LE Dossi'. Ils disent bien dans h' qniiitior qne je snis sei'i'iiiiei'; le fait est que je suis artiste niéeanicien, travaillant en fer; mais punr i):iycr trois livres, il faudrait (jue je fnsse d'une bonne trempe, et je n'y mettrai jamais le pied.
LA KOLiE. Moi qui avais l'intention de vous offrir vos entrées.
LE uossr. Écoulez donc, belle dame, c'est autre chose, mais si j'accepte, c'est à cause de la belle saison, parce que les spectacles... Il n'y a plus moyen d'y tenir dans ce parterre : on va,on»ient, on me marche sur les mains; avec (;a on dirait qu'ils sont tous deliiiut; j'ai beau crier : Assis, je n'y vois rien : et puis d'ailleurs la lempér.iture... Hier j'ai élé voir Méropc: j'avais un billet d'auteur... c'était une chalein"! et voyez comme le temps change ; trois jours auparavant j'avais étéà l'.Xnibigu.aux Captifs (/'.l/i/rr'; c'était un froid à n'y |)as tenir: c'est le baromètre qui est cause de cela.
LA FOLIE. Eh! mais, j'y pense, il faut que je vous coîismUc: nous avons pour remonter nos chai's une mec inique fort ingénieuse.
LE iiosM". J'en ai fait. Nous appelons <;.» un mouvement perpétuel.
LA FOLIE. C'est qu'il s'arrête souvent, et si vous vouliez être des nôtres.i.j/ j/i .
LE Eossu. Ecoutez donc, belle dame, ce n'est pas de refus.
LA FOLIE. Mais votre femme et \ otre preniiey gai'çon'?
LK BOSSU. Ah! je n'y liens pas du tout. ,,
LA Foi.iE. Si en votre absence on vç»\(^ i9fJ3ff'. qui.'lqiies tours. , ., îc , , (, i ■. ,. ,
LE iiossi'. De ce côté-là, connue ra m'est égal, ça m est bien égal! Je suis fait auv tours... et quelle place me donnez-vous?
L\ fJIie. 11 y en a une dans l'iilymiie, qui vous convient si bien! celle de Viilcain.
LE BossL. Vous avez donc ths divinités?
LA FuLiE. En \ôild unéchaillillou.