GERCOURT, JACOTIN, DURAND
GERCOURT. M'expliquera-t-on ce que tout cela signifie?
JACOTIN. Ça signifie que c'est uu fou ; ce n'est pas si difficile à deviner; demandez plulôt.
DURAND, à pa»7. Je l'atteste... N'oublions pas la leçon qu'on m'a faite et les vingt-cinq louis qu'on m'a promis.
GERCOURT. C'est différent, et vous faites bien de me le dire : car à !a manière dont il en coulait à voire future...
DURAND. Comment, il en coulait à votre future, là, (levant vou»?
jACOTiN. Oui, parbleu ! je l'ai surpris à ses pieds : c'est drôle, n'est-ce pas?
DURAND, riant. Est-il bon, le prétendu ! ça fera un excellent mari.
JACOTIN. Bien mieux que cela encore, c'est qu'il prétendait être le sultan Saladin, et que tout à l'heuii' encore je l'ai trouvé ici avec luadauie Durand (pfil traitait en sullane favorite.
DURAND. Hein? comment? qu'est-ce que vous dites donc là? {A part.) Ma fennne ne m'a pas parlé de ça.
JACOTIN. Bah! qu'est-ce que ça fait? uu fou...
DURAND. Comment un fou? mais, pas du tout, c'est qu'il n'est pas...
JACOTIN. Comment, il n'est pas...
DURAND. Si, si l'ait vraiment! {A part.) Oh! mes vingt-cinq louis. [Haut.) C'est que, voyez-vous, ou n'est pas bien aise; parce qu'enfin il est des moments où un fou peut retrouver sa tète, et qu'alors il suffit d'un seul instant pour... enfin c'est clair...
JACOTIN. L'imbécile!
DURAND. Pas tant.
j.veoTiN. Dites-moi, mon cher oncle, n'avous-nous pas, avant la noce, certaine affaire à régler ensemble?
GERCOURT. J'entends, mon neveu, vous voulez parler de la (lot ?
JACOTIN. Je vous demande pardon.
GERCOURT. C'est trop juste. J'ai sur moi, en billets de caisse, cent mille francs qui vous sont destinés; les bous comptes font les bous amis; et ce qui m'a surtout décidé en votre faveur, mon cher Jacotin, c'e>t l'ordre (lue j'ai cru voir régner d.ins vos afi'aires; sans cela je ne vous aurais |ias confie le boulieur et la fortune de ma nièce.
JACOTIN. Confiance eslimab'e que je justifierai.
DURAND. A propos, mousicur Jacotlu, j'uubliais de vous dire (|ue j'ai vu rôder autour de la maison plusieurs militaires qui se sont informés si c'était ici que se faisait votre noce.
JACOTIN, à part. Ah ! mon Dieu ! [Haut.) Ce sont des parents, sans doute. (,-l part.) Si c'était le quartieriiiaitre, le porteur Je mon effet. Comment diable a-t-il suivi mes traces'^ {Haut.) Ce sont des parents éloignés (pie je ne vois plus, et j'aime autant quf tu ne ks reçoives pas.
DURAND. C'est dit, on les mettra à la porte.
JACOTIN. Honnêtement, cep ndant. (A part.) Les moments sont précieux. (Haut.) Eli! vile, Durand, vile, le di'jeuner. .Mon oncle, je niis à vous.
GERCOURT. Je vous suis daus votre aiiparleinent. (// l'o pour entrer chez Jacotin, qui est passé le premier .}