SCÈNE XIII
Les PRÉCÉDENTS, DURAND.
DURAND. Le déjeuner est servi.
ERNEST, le prenant au collet. Viens ici, toi qui me connais, et dis à ces messieurs qui je suis.
DURAND. Eh ! parbleu ! vous êtes un fou !
ERNEST. Comment, je suis fou?
DURAND. Et de la première qualité encore ! J'en lèverai la main si vous voulez.
ERNEST. Eh ; on! ce n'est pas cela dont il s'agit. Je demande que lu dises la vérité.
DURAND. Eh! parbleu! j'entends bien. Messieurs; j'atteste et je certilie qu'il est timbré, et je ne sors pas de là.
ERNEST. Comment, malheureux!
TODS.
Air des Gardes-Marines.
C'est un fou ! c'est un fou !
Voyez quel transport l'agite :
Du moindre mot il s'irrile; Voyez quel transport l'agite :
îl vient tle je ne sais où; Vous le voyez, c'est un fou!
ERNEST. Corbleu! je le deviendrais, je crois. Eli bien, puisque je ne puis vous désabuser, je vous déclare donc que j'empêcherai bien que Monsieur ne mène sa femme à l'autel; que je m'établis ici ;... que je n'en sortirai que l'époux de votre nièce, et que, malgré vous-même, j'empêcherai qu'on ne vous trompe.
GERCOURT. Ah çà, Mouslcur! si je m'échauffe une fois...
jACOTiN. Non, mon oncle, ne vous fâchez pas, nous serions plus lixtravagants que lui de prendre au sérieux... Laissez-niais ensemble un instant; je vais le gagner par la douceur, ou nous eu débarrasser par quelque l'use.
GERCOURT. A la bonne heure; mais on ne devrait pas laisser en liberté des insensés comme celui-là; car enfin, voilà la noce toute troublée.
JACOTIN. On ne s'apercevra de rien. Faites les honneurs du déjeuner, et hàlcz-le surtout, pour qu'on se dépèche, de partir.
DURAND. J'espère que j'ai bien gagné mon argent. [Ils sortent.)