LADOUCEUR
Air du vaudeville de l'Écu de six francs.
Ladoureur est mon nom de guerre Et doucement j'aurai l'honneur D'exercer mon doux ministère.
Tout va se passer en douceur.
Et, griee au plus doux des carrosses, Qui doucement va s'avancer, En prison vous allez passer Doucement la nuit de vos noces.
ERNEST. Me voilà dans un bel embarras, et, pour un sot, UKin rival ne s'en est pas mal tiré. Voyons donc ce billet. Dix mille francs! Je ne les ai pas, il s'en faut ; et si je sor.s pour me les procurer, il emmène sa femme, et la noce est faite.
LADOUCEUR. Allons, MonsieuF, assez causé; marche.
LE FOU DE PÉRôNNE.
ERNEST. Arrêtez. Le diable remporte avec ses manœuvres. Vous tenez donc à être payé? Eh bien! vous le serez. Écoutez : je devais me marier aujourd'iuii...
i.ADOucEUR. C'est connu.
uM Hi'SSAiiD. Nous Ic SaVCHS.
ERNEST. C'est de ce nantissement précieux que dépend votre créance et ma fortune. Eh bien ! pour vous montrer que je ne veux [las vous tromper... {Il lui parle à l'oreille.) Là, dans ce corridor; et, au lieu de me conduire en prison, vous allez m'arcomija^ner chez mon banquier, où je promets de vous payi'r. il me semble que voilà une proposition...
I.AD01CEI-R. Très-juste. Je vais toujours laisser un poste de quatre hommes à In |)orte de la mariée.
ERNÇST. C'est ce que je demande.
LADOiîCEim. Vous entendez, vous autres, dans rc corridor, et gardez-vous de laisser entrer ni sortir personne. Marche.
ERNEST. A merveille! je n'aurais pas mieux manœuvré.
Air ; Nous verrons, à ce qu'il dit.
Partons, mon cher cii-ancier.
Voti-e complaisance me charme,
Et jamais, je crois, liiiissiur N'a lait aussi bien son métier.
Vienne mon rival, De ce lieu fatal Je m'éloigne sans alarme.
Tout sert mes projets, Puisqu'ici je mets La future au\ arrêts.
Partons, mon cher créancier.
CHOEUR
Tout va se concilier ; Monsieur, votre discours me clianno!
Pourquoi se faire prier, Puisqu'a la lin il faut payer?
[Il sort avec. Ladoiiceur et les liiissard^'. Qiintre outres hussards entrent par la porte àj/auchc.)