‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 666 sur 975 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les précédents, ERNEST, passant dans la

rue.

LA SENTINELLE. Qui vivC?

ERNEST. Bourgeois. (Ernest est en costume de bal, bas de soie blancs, etc., et ta croix d'honneur.)

EUNEST, entrant. Salut, camarades. Pourricz-vous avoir la bonté de me dire qui est-ce qui commande ici?

l'éveillé. C'est le capitaine Ini-mème.

ERNEST. Me serait-il permis de lui parler?

LE CAPITAINE. C'est moi, Monsieur: que puis-je faire pour vous?

ERNEST. Monsieur, je viens vous prier... de vouloir bien m'arrèter.

LE CAPITAINE. Comment, Monsieur!

ERNEST. C'est un service quej'attends de votre obligeai i^'e.

LE CAPITAINE. Enchanté de faire quelque cho^e ipii vous soit agiéable; mais ne puis-je savoir. .

ERNEST. C'est trop juste. Je vous avouerai donc i|ue, ipioique je Sois militaire, et que j'aie vingt-cinq ans, j'aime prodigieusement à m'amuser.

LE CAPITAINE. Voilà qui est bien étonnant!

ERNEsr. Mais j'ai une ftinine.

LE CAPITAINE. Et ccla iic VOUS aiiuise pas?

UNE NUIT DK LA GARDE NATIONALE

BRifssT. Ail! vulontiere-. — Scène 10,

ERNEST. Au conlrjiiro, MdiivicHir, la pin? jolii^ pclitc fcnmie! gentille, aiinalik', s|iirituclle,(|iii m'aiiiu', (]iii m'adore; il y a deux niuis (|uc je l'ai épousée.

LE CAPITAINE. Taiit qiie cela?

ERNEST. Tout autant. Mais ce qui va bien plus vous surprendre, c'est que moi... Ah çà, je vous demande le plus grand secret. C'est que j'en suis amoureux fou !

LE CAPITAINE. Bjh !

ERNEST. Mais qui n'a pas eu de faiblesses? Vousmême! les plus grands capitaines! et la mienne va au point que j'ai promis à ma femme de rentrer tous les soirs à neuf heures.

Ain tlu Verre.

Cioycz-vous que depuis deux mois,

Moi, jadis léger et frivole.

C'est ici la première l'ois

Que je lui manque de parole ;

Et jugez de sou désespoir,

Car, soit amour, soil habitude,

Ma l'emme, à ce f|uc.i'ni cru voir.

Tient beaucoup à l'exactitude.

Elle sera désolée , mais que voulez-vous? Un dùifr

charmant, du vin de Champ.i.îiie, de jolies femmes. Ondiuesi tard à présent! et puis il y a eu un petit bal.

LE CAPITAINE. Oli ! je me mets bien à votre place.

ERNEST. Vous voycz, d'après tout cela, que si je ne suis pas arrêté, je suis un homme perdu ! tandis que si demain matin on me voit arriver au logis, conduit par deux gardes nationaux !.. « Comment ! ce pauvre mari!., il a passé la nuit au corps de garde!., et moi qui osais l'accuser!.. » Elle m'en aimera deux fois mieux.

LE CAPITAINE. C'cst mèuie une spéculation. Mais vous allez passer une mauvaise nuit?

ERNEST. Bah! l'autre sera meilleure. D'ailleurs, demain, après-demain, ne puis -je pas cire des vôtres?

LECAPiTAiNE Ail ! vousétesaussidc la garde nationale?

ERNEST. Je m'en fais un devoir.

.4iR : Voulant par ses œuvres complètes.

Crojez que de votre obligeance J'aurai toujours le souvenir ; Ab ! [lour combler mou espérance, Que ne puis-je ainsi vous servir!

UNE NUIT DE LA GADDE NATIONALE

LAQUlLLB. Comme s'est gauche un soldat qui n'a pas vu le feu. — Scène IS.

Si jamais les destins vous mcltcnt Dans le e.as où iiuus nciiis trouvons, Soniçez que nous nous I.IcIk'i'oos Si d'autres (|ue moi vous arrêtent.

i.E CAPITAINE. Vous èti'S li'iip liciii! iiutis Je serais char.i.o de faire plusample cuniiaissaiice, etdcsav lir le niiiiid\i:i mari aiis^i (idéle.

EnxEST. Ali! vuloaliers : je suis... (// l' tire du coté oppom- à l'Evfillé et à Laquill'; et lai piirte bas à t'oreille.)

LE CAPITAINE. Coinmeiit! je l'ai vue aiili'el'eis cliez son pcre. EUeétiit Ijien jeune akirs! Miii d.innezvûus donc la peine d'entrer dans mon appartement.

.\IR : Nous verrons à ce qu'il dit (de Baxcclin).

Acceptez donc sans façons L'asili (pie je vous présente;

Oui, votre femme est rliarmante.

De ses attraits nous parl< rons.

Ali! d'ici je vois Son joli minois;

Je vois Sa taille éléarantc Et son air fripon, Et son pied mignon.

EBNEST.

Eh bienl Vous ne voyez rien.

ENSEMBLE

lE CAPITAINE.

■ Acceptez donc s.ins iaçons, etc.

ERNEST

Oui, j'accepte sans façons, Monsieur, une oB're qui nreuchanle,

Puisque ma feinnu est absente, De ses attraits nous païkrous.

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