PIGEON
Moi, je v;iis en faire autant.
TOUS
Nous voilà, etc.
i.\ SKNTiMcr.LE, licis , à Saiiit-Li'nn. J'ai fait critri'i' 1111 liomiiio ail corps do irardo; jo no sais pas si c'est Vôln' lioiiiiiic. Tenez, il est là tjiii dort.
SAINT-LÉON, C'est bien. [Uiis.à Dorval.) Versac est arrète\ [Ils s'avancent tous deux, pas à pas, et aperriiiccnt madame de Versac qui dort.) Que vois-je? c'(.'st sa remme!
DoiwAi.. Q;iel!e rencontre!
SAiNT-i-iaiN. Ma foi, je n'y conçois rien. Mais ce tour-ci vaut mieux que le nôtre. Doi's , et laisse-moi parler, (ilaal.) Voyons donc ce garde national i|ue I'cmi il ari'èté. [FeiijnaiU d'apercevoir madame de Versac.) En croirai-je mes yeux!
MADAME DE VEiiSAC. Monsicur de Saint-Léon!
SAiM-LÉôN, a voix basse les premiers mois. Quoi! c'est vous. Madame, à la caserne, en uniforme* Auriez-vous, par hasard, reçu un liillet de garde? Notre sergent-major en envoie à tout le monde; ou plutôt, ce iju'on disait des dames de Paris serait-il vrai?
Airi : Tu vois en nous le régiment (JounMic au Caui').
Ces dames avaient le projet De former plusieurs eoin|pai.'nies; Pour les eommander on devait Choisir, rlit-ou, les plus jolies, liais je vois que c'est une erreur; Si la nouvelle était certaine.
Au lieu d'être simple chasseur.
Madame serait capitaine.
MADAME DE VERSAC. VoUS trioiliplieZ, MoIlSJ^Hir, Voll-
peiuvez m'accabler.
SAINT-LÉON. Moi? ail ! vous me connaissez bien mal. (.Ii't'c intention.) Et quoique vous n'ainiiez pas lis fats...
MADAME DE vERS.vc, con/'iwe. Ail! Monsieur, conibieii je suis iionleuse!
SAiNT-LÉON. Non, je sais que vous ne les aimez pas. On ne peut pas disputer des goûts; mais un lat peut quelquefois être utde. Que puis-je faire pour vous?
MADAME DE VERSAC. Vous le savcz, me faire sortir de ces lieux.
SAINT-LÉON. Impos.sible pour le moment, à moins d'eu parler au sergent, qui en parlerait au capitaine, qui eu iiailerait...
MADAME DE VERSAC, ovcc impatience. A toute la légion.
SAINT -LÉON. Non, pas tout à fait, mais qui en ferait son rapport, et vous sentez que demain cela irait à l 'état-major. J'aime mieux, sans en rien dire, saisir la première occasion. D'ailleurs, déjà nous quitter, cela n'est pas galant.
MADAME DE VERSAC. Et Comment justifier mon ab- S'ncc aux yeux de imm mari? que lui dire?
SAINT-LÉON. Mais cc qu'il VOUS dit lui-même en pareil cas.
MADAME DE VERSAC. Oli ! Ics maris ne manquent jamais d'excuses; ils s'entendent avec le capitaine; ils disent qu'ils sont de garde, et tout finit par là; mais moi, quel prétexte prendre? Encore, s'il y avait b.il de l'Opéra.
SAINT-LÉON. C'est si commode les bals de l'Opéra!
DoiWAL, à part. C'est la garde nationale des dames.
MADAME DE VERSAC. Et d'ici là, si quelqu'un de coi;uaissance, si quelqu'un moins discret que vous?..
SAINT-LÉON. Il n'y en a pas. Personne ici ne vous connaît, à moins cependant que le jeune Dorval... N'avez-vous pas idée?..
Madame de versac. Oui, oui, je l'ai vu une mi deux fois en société; et peut-élie aiira-t-il remaïqiié ma figure.
SAINT-LÉON. 11 serait difficile qu'il ne l'eût pas fait. Mais rassiirez-vous, je vais parer le coup. {Lui frappant sur l'épaule.) Hein, Dorval, Dorval!
MADAME de VERSAC. Qiioi ! VOUS le réveillez?
SAiNr-LÉoN. Ne coiniai.s-lu pas madame de Versac?
DOIWAL, feiynant de s'éveiller. Oui, parbleu! la plus jidie femme du monde, un peu maligne, un peu prude, un peu ..
SAINT-LÉON. Je te présente M. Dorlis, son frère, uii de mes camarades.
DORVAL. Monsieui', encliaiité de faire voire coiiU li^saiice; comme vous vciycz, je suis l'ami de la faiiiille, 1 1 je tiens beaucoup à devenir le vôtre.
MADAME DE VERSAC. .MoUSicur!
L)Oiival ù inailami: de Versac. C'est ipriil ell'el vous resseinblei beaucoup à votre sœur; cliarinante petite fc'inme, qui ne peut pas me smilfrir; c'est le seul defuil qu'on lui reproche dans le monde. Parli, muis devriizbien nous raccommoder avec elle.
suNT-LÉoN. Je n'osais vous en prier; mais c'ist là k plus ardent de mes vœux.
.\iR du vaudeville de la Robe et les Bottes.
Diles-lui bien qu'à l'aniilié (idéle. Parfois malin, mais toujours généreux.
DORVAL
De taux rapports nous ont noircis prés d'elle. Des étourdis ne sont pas dangereux !
SAlNT-LEON.
Daignez, pour nous, employer vos prières. De vos bontés c'est peut-être abuser,
{Avec intention, et lui prenant lu main.)
Mais on sait qu'entre militaires
Ou ne peut rien se refuser.
TOUS TROIS
Oui, l'on sait qu'entre militaires On ne peut rien se refuser.
SAINT-LÉON, a madame de Versac. Silence! voici le capitaine.