‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 712 sur 975 · MADAME DE CHAVANNES, BRESSON · texte numérisé non relu

MADAME DE CHAVANNES, BRESSON

MADAME DE CHAVANNES. Eh bicu ! qu'cst-cc (lonc. général? vous arrivez là soudain avec un air cffan'; qui ïciubli' crier: au feu !

BRESSON. On crie au feu !.. quand il y a le feu!., et il y est!.. Je vous disais bien ce matin qu'av(^cvos amabilités ri vos coquetteries... ça ne jiouvait pas manquer d'arriver!... il est amoureux... amoureux fou... ça va vite avec ces téteslà!.. il me rencontre... il me saule au cou... <( Général... c'est fini!., je n'hésite plus!., je vais rompre avec H m'niinie... »

MADAME DE CHAVANNES. H(nMlUllie !.. qu'cSt-CC qUC C'cSt qUC

cela?..

BRESSON. Est-ce (pie je sais?., est-ceqneje connais mademoiselle Heriniuie?.. Elle le veut, elle l'exige... a-t-il continué, et je suis trop heureux de lui obéir... je n'aime plus désormais (pie la vertu et la bonne société... Adieu, Herminie... je cours chez mon agent de rliange... car il faut des ' ég.irds... des l'on.solations... un enupon de rentes... n'est-ce pis, général? Eiiliii un tlux de paroles et d'idées où je n'ai | rien compris, sinon que la tète... n'y était plus... absence i tolale! ' ;

MADAME iiE CHAVANNES. Et c'est là Ce qui VOUS elTraie!.. des extravagances, i|ue (piebpies mots de raison auront bieiih'd calmées! Laissez-le faire... nous verrons après...

BRESSON. Le laisser faire...

MADAME DE CHAVANNES. Saus doiitc... Car l'intentlon est L bonne. . .

BRESSON. Si ce n'était que celle-là... certainement... m lis il y en a bien d'autres... d'autres encore que vous ne pouvez soupçonner... que vous ne devinerez jamais... l'intention la plus folle... c'est-à-dire la plus raisonnable... mais en même teuqis la plus exti-ïdcdinaire. I.i plusétourdissante... et (piauil vous la connaîtrez, vous ferez comme moi, vous vous récrierez... vous direz que cela n'est pas... et cependant cela est.

MADAME DE CHAVANNES, avcc iiiipotietice . Et dites donc tout de suite !

BRESSON. il veut VOUS épouscr !

MADAME DE CHAV.ANNES, riaiit. Ah !.. ^vraiment !. . et qui a pu lui donner une idée comme celle-là?

LA GRANU'MÈRE.

BRESSON, avec humour. Kh! parbleu ! c'est moi!

MADAME DE CHAVAN.\E>. Voiis, général...

Bn^:ssll^•. Eh! oui car il n'y pensait pas il avait

d'autres idées... des idées île jeune homme... earà ees messieurs... ce n'est pas l'amour-propre qui leur mamiue... et sansqu'il me revprimàtelairement... je voyais bien que par la suite... avec le temps... il espérait... et je lui dis: haltelà!., halte-là, jeune homme... vous ne coimaissez pas la femme dont vous parlez... une femme qui a refusé d'autres homma.nes que Icsvôlres... une femme digne de toute l'admiration, (le tous les respect*, et que tout le monde eidiu serait trop heureux d'épouser. Ah! vous avez raison, s'estil écrié... ipielle idée... quelle bonne idée vous me donnez là... c'est le seul moyen de passer toutes mes soirées auprès il'elle! Quelle maison agréable, quelle société ehai'niante. . et caetera, et crelera... Là-dessus, si tète se monte... il forme en un instant mille plans et mille projets... qu'on n ■ pouvait ni suivre, ni interrompre... et sans m'écouter, il me ipiitte en courant pour rejoindre son notaire...

MADAME DE CHAVANNES, jse levant. .M 'épouser! c'est aussi par trop fort;je ne voulais pasque cela eu vint jusque-là!..

BRESSON. Et jusqu'où vouliez-vous donc... s'il vous pluit?..

MADAME DE CHAVANNKs. Calnirz-vmis... je VOUS expliipicrai mes projets... il le faut bien pour que vous m'aidiez .. car je ne puis nieeonfier qu'à vous seid... et tout serait perdu... si ma petile-fille se doutait... Silence, la voici...

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