‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 718 sur 975 · SCÈNE PRE.MIERF · texte numérisé non relu

SCÈNE PRE.MIERF

MAliAME DE CHAVAN.NES; puis lîHESSON.

Madame de chavannes, seide et réfléchissant.- V.iiwrc enfant!., elle pleure !.. Je lui ai fait ducliagrin ! et elle ne m'en veut pas!., et elle obéit suis mnianurel.. (Jiiel trésor pour un mari!

BitEssox, paraissant a la porte du fond qu'il entr'ouvre, et s'arançant ,':ur lu pointe du pied. Eh bien ! quilles nouvelles? MADAME DE ciiwANXES, sc retbumanl , et gaiement. Venez donc, s-énéral.

BRESSON. Je suis tout fier d'être d'une coiispir.ition... cela mï «l'est jama'S arrivé! et d'une conspiration smis vos ordres! . Mue se passe-t-il ? Où i n sonimes-nou .? Vo as n'étiez ^«B'ev.eore de retour quand nous avons ramené ma leinoiselle Àdiiie, el vous êtes restés à Saint-Thomas d'Aquin plus Imig-lenqis que nous au bois de Boulogne.

madame de chavannes. Oh! j'ai fait durer le plaisir longtemps! prés de trois heures!

RREsKiN. Miséricorde !

mahame de chavannes. Si vous aviez vu ce pauvre jeune lioinme assis prés do moi, dans une immobilité et un recueillement qu 11 a soutenus longiemps avec un courage digne d'un meilleur sort... puis, de guerre lass; et perdant patience, regardant les voûtes de l'église, comptant les cierges, aualx^ant Us boiseries, se penchant poui' entrevoir les traits de quelques dévotes, nos voisines, it arrêté dans .ses découvertes p.;r des voiles impitoyables on des chapeaux en promon'oire ; enfin, son cnibirr.ip, son malaise, que trahissaient malgré lui des bàillemenls plus ou moins bien interceptés; cela formait l'ennui le plus divertissant! et, pour comble de bonheur, il semblait que le prédicateur lui-même voulût me seconder! 11 a été assommant!

BRESSON, riant. Sans être du complot !

MuiAME DE CHAVANNES. Sans ôtrc du complot!.. Aussi, l'amour de ce pauvre .Vmédiie n'en reviendra (las! BRESSON. Vous croyez?

MADAME DE CHAVANNES. La recette est infaillible! L'n amant vous pardoniii rait peut-être de le tromper. . mais de l'ennuyer... jamais! Et, ce n'est rien encore! à U sortie de l'église, trois jeunes gens de ses amis, des officiers comme lui, s'anêttnt au miKnént on nous montions en voiture., ils aperçoivent Amédée tenant sons si'm liras nton livre de priè'ivs, et Thisbé.ïna petite rhienne anglaise!.. L'effe; a été iliagii^ne! Leur salut malin, leur soUriii- moqueur H larougiHir subite de mon jeune écuyer, m'ont prouvé que le coup avait porté, que le ridicule était à ses yeWx un crime [ilus grand encore que l'eimni ; et, quand nous sommes remontés en Voitvrt-e-, fl cherchait en vain à cacher îon humeur; il m'écontait à peine, il n'était plus à la conversation ; il est vrai, et vous vtfuî en doutez bien, que je la ramenais toujours avec art sur dessnjetsqui lui rappelaient sa mésaventure... aussi la roule lui paraissait longue, il lui tardait d'arriver. U a respiré (dus à l'aide quand on a ouvert les portes de l'hôtel, et moi; profitant salis pitié de mes avantages, jc l'ai invite à diner aujourd'hui, en lui recommandant de venir de bonne heure... Je J'exige!

Bresson. ït itoui'quoi donc?

MATiA^fEtiE CHAVANNES L'cxigençe. monclier auii. l'exigence est il'un effet rapide et immaiiqualile ! Il n'y a \ias d'amour qui puisse y résistei-!.. Voilà, je l'espère, de la grandeur

LA GHANUfllIinE.

« .l'P -CiMiriij sl

AD.NB, rVsl ilo-; mage !.. mais c'e,-l cgal !.. je suis ccnlcnle. — Acle 2, scJrie 7.

d'âme, de riiéroTsme!.. Il n'y a qu'une mère capable d'un pareil .sacrilice... Oui, Monsieur, on ne renonce pas aisément aux adulations, nième à celles dont on ne sait que faire; à pins foi'te raison quand il s'agit de changer des déclarations d'amour en déclarations de guerre... car, si je continue ainsi, avant peu il me détestera.

BREssoN. Vous croycz?

MADAME DE CHAVANNES. J'en réponds.

BREssoN , avec satisfaction. J'ai peur que vous ne puissiez y parvenir.

MADAME DE CHAVAisiSEs. Mèms si je le veux?..

BREssoN. Vous pouvez tout, excepté cela!., et je ne serai tout à fait tranquille que lorsque je le verrai amoureux fou de mademoiselle Adine.

MADAME DE CHAVANNES. NoHS y arriverons... je l'espère !

BRESSON. Et par quels moyens?

MADAME DE CHAVA^^^ES. Cela me regarde! et si vous voulez me seconder un peu pour marier ma petile-fille, je vous promets à mon lour de marier la vôtre... C'est trop juste... j'ai un parti pour elle !

BRESSON. Me voici à vos ordres!.. Que faut-il faire?

MADAME DE CHAVANNES. Obéir d'abord à tout ce que je demanderai.

BRE>soN. C'est dit.

MADAME DE CHAVANNES. Quclquc absurde que ce soit...

BRESSON. C'est convenu.

MADAME DE CHAVANNES. Quc VOUS le compreniez ou non...

BRESSON. Je n'ai pas besoin de comprendre!..

MADAME DE CHAVANNES. Ensuitc, ctdaus toulcs Ics occaslous, dire du bien de ma petile-fdle.

BRESSON. C'est facile!

MADAME DE CHAVANNES. Et du mal de moi.

BRESSON. Je ne pourrai jamais !

MADAMEDECHAVANNEs.Uuand c'est moi qui VOUS ledemandt'!..

BRESSON. Çanesuflitpas... encore fau!-ilqu'il y ail moyen... qu'il y ait qui'k|iies sujets.

MADAME DE CHAVANNES. Oli ! sovez trauquille... je vous en donnerai! Silence!., c'est IVI. Amédée.

LA GRAND'MÉRE

HiDiKB DB CHiVAUNKS. C'est bÎÊTi, c'eit ik votre place. — Acte 2, scène 7.

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