‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 756 sur 975 · SCÈNE XV. URSULE ; LÉON, vrdrantpar le fond · texte numérisé non relu

SCÈNE XV. URSULE ; LÉON, vrdrantpar le fond

LÉON. Je viens. Madame, vous faire mes adieux.

URSULE. Quoi ! vous partez?

LÉON. Mon tuteur m'emmène à l'instant même à Paris pour une affaire importante. Je voulais m'éloiguersans vous revoir; mais je vous ai entendu accuser d'une trahison à laquelle je ne puis ajouter foi, surtout après la manière dont

LA HAINE D'UNE FEMME

vous m'avez acnicilli ce matin; et je viens vous demander à vous-nirmede di'moatirdc! pareilles calomnies.

URSULE. Quelles sont-elles?

LÉON, .le n'ignore pas combien je vous suis indifférent; depuis lon,a;tempsjo n'ai plus de droits à voire amitié; mais en quoi anrais-je mérité votre haine?

imsuLR, à part. Nous y voilà.

i.i';o>'. ICst-il vrai fpie'vous avez fait rompre un mariage qu'à mon insu on projetait pour moi?

unsuLE. Oui, Monsieur.

LÉON. Quoi! vous ne le niez pas ?

imsui.E. Léon , je vous ai dit la vérité ; mais vous ne pouvez coiinaitre les motifs qui me faisaient agir.

LÉON. Parlez.

LitsuLE. Plus lard je vous les dirai , je vous le promets, ce soir, demain ; en attendant, ne partez pas, restez encore, je vous en prie.

LÉo.N. .le ne le puis, Madame.

uiiSULE. Quelle affaire si importante vous rappelle à Paris?

LÉON. Deux mots expliqueront le changement survenu dans ma situation : depuis quelques moments je ne suis ))as plus heureux, mais je suis plus riche.

' irnsuLE. Que dites-vous?

LÉON. Jusqu'ici, grâce aux bontés de mon tuteur, je ne m'étais pas aperçu de mon manque de fortune; d'aujourd'hui seulement j'ai vu à quels dédains, à quelles humiliations il m'exposait I J'ai vu qu'il n'y avait pour moi ni amour, ni amitié à espérer, et je voulais fuir à jamais un monde qui me repoussait, lorsque M. Philippon est venu me retenir, me consoler. « Tu n'as besoin de personne, m'a-t-il 0 dit : tu as maintenant cent mille éeus qui t'appartiennent : « avec cela, maintenant, toutes les femmes vont t'adorer! »

URSULE, (( /Mrt. Grands dieux ! qu'allais-je faire ?

LÉON. Il paraît qu'un parent éloigné m'a laissé cette fortune, qui nie revient comme à son seul héritier; c'est du moins ce que nous a annoncé un homme d'affaires, qui arrivait de Paris, et nous y retournons à l'instant.

URSULE, trés-émue. C'est bien... il suffit je ne vous retiens plus.

LÉON. Et cependant. Madame, vous aviez daigné me promettre...

URSULE. Non, Monsieur; depuis, j'ai réfléchi... ce serait une explication inutile, à laquelle vous auriez raison de ne pas croire, et je n'aurais que la honte d'avoir voulu vous persuader.

LÉON. Mais tout à l'heure, Madame, vous vouliez me dire. . .

URSULE. Je ne le puis plus... Partez, Monsieur... oubliezmoi; et pui.ssiez-voiis trouver dans la richesse qui vous arrive tout le bonheur que vous méritez!

LÉON. Quoi I .Madame, ce sont là vos derniers adieux?

URSULE. Oui, Monsieur.

LÉON, n'éloignant. Ah! tout est fini pour moi! [H sort par la porte à droite.)

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