SCENE PREMIERE
NADIR, seul.
(Il entre »emme un homme au désespoir, regarde avec douleur le côté par lequel il est venu et s'appuie contre un morceau de rocher.)
RÉCITATIF
C'en est donc fait!., plus d'espérance!.. 0 ma Délie f . il faut fuir ta présence!.. D'ispahau désormais Me voilà banni pour jamais !
Rien n'a pu désarmer ton père !
Pour mériter ta main, il me fallait de l'or... Et pour en obtenir, sur la rive étrangère. J'ai tenté la fortune et défié la mort!..
Mais le ciel, sourd h ma prière.
Ne m'a laissé que ma misère Et mon amour!..
{.Iméremenl.) Et lorsque auprès lic toi J'accours pour réclamer ta foi...
L'avare Ali m'arrache ce que j'aime..
Au riche Aboul-Hassan il te livre lui-même... Et m'enlève jusqu'à l'espoir, {D'une voix déchirante.) 0 mou seul bien, de jamais te revoir!
ROMANCE
pbemieb couplet.
C'est de toi, ma Délie, Que dépendait mon sort ; Ta vue était ma vie.
Ton absence est la mort!
Dieu puissant. Dieu suprême. Qui voyez ma douleur.
Rendez-moi ce quej'aiine, Kende*-moi le boidrur!
PEUXIÉME COUPLET.
Pour calmet sa souffrance.
Que ferait désormais Cette vaine opulence.
Objet de mes souhaits!..
Dieu puissant, tes proiliesses Avaient séduit mon cofur ! .
Ne veu\ plus de richesses.
Mais rends-moi le bonheur!
(.lucc force.) De l'or!., de l'or!., pour l'obtenir !.. Et je n'ai rien! il me faut donc mourir!.. Mais avant qu'à ma foi l'on arrache Délie, De mon rival j'aurai la vie!..
Et cet hjmen !..
{S' arrêtant et prêtant l'oreille ) Qu'ai-je entendu'?
Sur ce roc... quelqu'un a paru...
[Regardant avec précaution.) A travers ces routes obscures...
Oui., j'ai cru voir... quelles sombres figures! . Seraient-ce ces hardis brigands, L'effroi d.j nos pays et surtout des marchands? [Portant la main à son poiijnard.) D'un voyageur qui retourne a fa vdle.
Ils guettent peut-être les pas...
A quelque malheureux si je puis être utile. Ah! d'un instant encor dillérons mon trépas!.. (// se cache derrière la fontaine à droite, au milieu des broussailles; Ours-Kan, Calafet Thamar descendent la montagne du fond.)