‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 954 sur 975 · ALI-BABA, DÉLIA · texte numérisé non relu

ALI-BABA, DÉLIA

Du sort qui nous menace.

Malgré moi je frémis.

0 Mahomet! par grâce,

Sur nous \eille aujourd'hui!

OURS-KAN, CAL.iF.

Oui, grâce k notre audace.

Nous voilà donc chez lui !

Et maîtres de la place,

Mahomet soit béni !

NADIR passant prés d'Ours-Kan et lui pressantlamain.

Ah! quand votre valeur me rend ce que j'adore.

Tout mon sang ne saurait payer tant de bienfaits.

ALi-BABA, à part.

Dieux! il le remercie encor.

OURS-KAN, examinant ce qui l'entoure avec admiration.

C'est superbe !

CALAF, de même.

Oui vraiment !

OURS-KAN

On dirait d'un palais!

MORGIANE

Ah! vous ne voyez rien.

ALI-BABA, à Morfiiane, avec colère.

Silence!

HORGIANE.

Notre maître A bien d'autres trésors, des tissus précieux.

ALI-BABA

C'est faux!.. Te tairas-tu?

MORGIANE, de même.

Des esclaves nombreux.

OURS-KAN, bas, à Ali-Baba.

Des esclaves!., il faut les faire dispaniitre;

Qu'a l'instant même Us sortent de ces lieux; Tous les hommes du moins ..

ALI-BABA

Mais, seigneur...

OURS-KAN, à demi-voix.

Je le veux.

[Montrant IS'adir.) Et celui-là, quel est-il?

ALl-B.^BA.

C'est mon gendre.

^ OURS-KAN

Raison de plus! un amoureux Est toujours brave.

{A part.)

Il voudrait les défendre.

(.1 Ali-Baba.) Qu'il parte aussi!

ALI-BABA

Mais comment?

OURS-KAN

Je le veux.

ENSEMBLE

AU-BABA

L'espoir m'abandonne.

D'effroi je frissonne.

L'horreur m environne ; Quel sera mon sort?

0 Dieu! que je prie, A leur rage impie Dérobe ma vie.

Et surtout mon or!

DELIA.

L'espoir m'abandonne, D'efl'roi je frissonne ; Partout m'environne L'aspect de la mort!

0 Dieu que je prie!

Veille sur sa vie !

Contre leur furie Protège son sort!

NADIR

L'amour m'environne.

Mon coeur s'abandonne Au bonheur que donne Un pareil trésor!

Maîtresse chérie.

Enfin ma Délie Va donc pour la vie Partager mon sort!

MORGIANE

L'amour reiivlroiine.

Son cœur s'abandoune Au bonheur que donne Un pareil trésor!

Eotln cette amie.

Qu'il a tant chérie.

Va doue pour la vie Partager son sort!

OURS-KAN, CALAF, à part.

Nul ne nous soupçonne; Mon cœur s'abandonna A l'espoir que donne Un pareil trésor!

A nous il se lie ; A notre furie

ALI-BABA

Il livre sa vie, Et surtout son or !

nvRs-KAN, fcas, (i Ali-Baba, lui monliaiil IS'adir. Qu'il [larle donc sur l'heure!

ALI-BABA, à part, et Iremblaiit.

0 l'iel! c'est fuit ae moi.

{Haut, sur un signe d'Ours-Kan ) Mon cher Nadir!., allons!., éloigne-toi.

NADiH, avec indiijnation. Comment!., me renvoyer!, ù perfidie extrême! Après ce que j'ai fait pour lui!

(A Ours-Kan.) Lorfqu'aujourd'hui, Pour mériter la main de sa lille que j'aime.

C'était peu de prodiguer l'or.

Il fallut lui livrer le secret d'un trésor Par moi seul découvert...

ALi-BABA, qui cherche en vain à l'arrêter. 0 ciel !

DÉLIA, àpart, et de même.

Qui lie imprudence!

ALI-BABA, à pari.

Il se livre lui-même a leur ressentiment!

oiRs-KAN, d Aarfii-, Je parlerai pour vous...

{À Ali-Baba.) Qu'il reste maintenant; H le peut..

{A part.)

C'est le ciel qui l'offre à ma vengeance. ALI-BABA, à IS'adir.

Ucste donc, on le veut...

{A pan.)

Mais de lui c'en est fait.

NADIR, aiec joie, à Ours-Kan.

Alil comment reconnaître un semblable bienfait 1

^LI-BABA

L'e:poir m'abandonne, D'effroi je frissonne; Partout m'environne L'aspect de la mort!

Dieu, que je siqiplie, A leur rage impie Dérobe ma vie.

Et surtout mon or!

DELIA

L'espoir m'abandonne.

D'effroi je frissoniir; Partout m'environne L'aspect de la mort !

Dieu, que je supplie.

Veilla sur sa vie ; Contre leur furie Protège son sort!

NADIR

L'ampur m'environne.

Mon cœur s'abandonne Au bonheur que donne Un pareil tri'sor!

Maîtresse chérie.

Enfin ma Délie Va donc pour la vie Partager mon sort!

MORUl.VNE.

L'amour l'environne.

Son cœur s'abandonne Au bonheur que donne Un pareil tré.sor!

Maîtresse i héiie.

Enfin sa Délie Va donc pour la vie Partager son sort!

OrRS-KAN, CALAP.

Nul ne nous soupçonne.

Mon cœur s'abandonn A l'espoir que donne Un pareil trésor !

A nous il se fie; A notre furie Il livre sa vie, Et surtout son or!

oiBs-KAN, haut, à Ali-Baba.

Sans plus tarder, parlons de nos affaires! Tes bannes de café sont là dans la maison. ALI-BABA, tnoiitrant le hangar au fond, masqué par des rideaux.

Sous ce hangar, grâce à vos soins prospères. Je viens de les compter!

OLRS-KAN, bas.

Songeons à ta rançon; Conduis-nous à ta caisse.

ALI-BABA, effrayé.

0 ciel!., ce sanctuaire.

Où n'a jamais, hors moi, pénétré nul mortel !

OUBS-KAN, bas.

J'irai seul!

DELIA, se glissant près de ISadir , et à voix basse. Un danger nous menace!

NADIR, de même, et vivement.

Et lequel?

DELIA, de même.

Prenez garde !

OURS-KAN, ^«j l'a observée du coin de l'œil, se rapproche d'elle.

Pour vous, venez vers votre père.

Ma belle enfant.

(En Vetnmenant, et à mi-voix.) ■ Songiz qu'il faut vous taire !

AI.I-BABA, à Délia.

Oui, va veiller, ma fUle, au souper. . oiRs-KAN, à part.

C'est prudent!

(Bas, à Calaf.) Pour Nadir, c'est le seul dont je craindrais l'andace ! Ne le quitte pas d'un instant,

{Lui donnant un poignard ) S'il voulait s'échapper, frappe-le sur-le-champ.

CALAF, avec hésitation.

Je Lâcherai.

Ol'HS-KAN.

Partons!

(Sur un second geste d'Ours-Kan et sur un coup d'oeil de son père. Délia sort par le fond avec ilorgiane, en échangeant avec Nadir des regards d intelligence. Ours-Kan et Ali-Baba entrent dans les appartements à droite.)

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