‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 111 sur 783 · SCÈNE III* LE COMTE, AMBROISE · texte numérisé non relu

SCÈNE III* LE COMTE, AMBROISE

AMBHOiSK. Voilà, voilà. Ces grands seigneurs dUt la itaidlf haute. Mais le prétendu a bonne tournure. [Hauf.] L'appartement de monsieur le comte est préparé.

i.E COMTE. .le te remercie, je n'en profiterai pas ! Dis à nv s gens que je repars à l'instant.

AMBnoiSE, à part. C'éail bien la peihis, après tout le mal que je me suis donné ce matin. [Haut.) Je vais dire de faire avancer li voilure de Mnnseigneur.

i.E COMTE. Oui, c'est cela!

AsiBROiSE, prêt à s'en aller. C'est âgréabb; de recevoir des persoimagcs inqiortanls, des gens à équipage. Voilà noire cour eiicombriC de tous les mendiants des environs.

LE COMTE, avec un peu d'impatience. Eli bien ! (|u'on les renvoie.

AMRp.oisE. C'est bien aisé à dire. Il y a là surtout nn aveugle qui fait un bruit...

i.E COMTE, vivement. Un aveugle, dis-lu? Tiens, donne ma bourse à celui-là.

\yihRO\SE, étonné, H refiardant la bourse. Qn'es'-ce que cela signifie? [S'avançant et regardant h: comte.) Ali! mon Dieu ! Voilà une ressemblance... et si vous n'étiez pas monseigneur, je croirais que vous êtes ce brave jeune homme... qui l'année dernière... à Paris... chez le docteur Forzum...

LE COMTE, avec difinitè. Hein? qu'y a-f-il?

AMDnoiSE. Pardon , Monseigneur, je me trompe sans doute. 11 me semblait au premier coup d'œii... Mais quelle difT;> rence! ce bel équipage! ces grands laquais! Monseigneur est bien mieux, {.i part.) L'air plus noble d'abord.

LE COMTE. Qu'avez-vous donc? que voulez-vous dire?

AMBBOiSE. Rien, Monseigneur, je croyais reconnaitn? les traits... [Lereçiardant.) Allons, allons, au fait, il y aquetipie chose. [Haut.) Les traits d'un jeune himme que j'avais vu à Paris, et qui m'avait jiarlé d'Olbruk, ma patrie.

LE COMTE. Ah! ah : tu es d'Olbruk ' tu connais le château de Rinslierg?

AMimoisE. Si je le connais! Ces quatre grandes tourelles...

LE COMTE. Je veux parler de ses habitants. Peux-tu me donner des nouvelles de la comtesse de Rinsberg, de sa fille Emilie, et de cette jeune personne qui était chez elle, Valérie?

AMBr.oisE. Mademoiselle Valérie! elle est ici, chez madame Blnmfeld, son amie.

LE COMTE, vivement. EWc est ici ! [Se remettant.) Eh bi' n, mon ami, je reste; c'est bien. Dis à madame Rliimfeld (pi(> j'accepte Tapitartement qu'elle a eu la bonté de m'ollrir. Il faut aussi que je lui parle... mais auparav.uil, écoute, y a-t-il ici un homme d'atTa'res, un notaire?

AMBuoisE. Pas précisémi-nt. Il n'y en a iprun pn'ir c tte résidence et les trois villages voisins; de maiiière (|ue ipiand il se trouve le même jour un marirtge »^t un testament...

LE COMTE. C'est bien. Envoie-le cherchera l'ins ail, ipi'il vienne me parler ici, en s;xret ; en secret, cntends-tu bien? et surloul n'en dis rien à personne.

AMBiiOisE .l'enlends; cette fois ci, ce ne simm [pis pour un testament. [Pesant la bourse.) Allon-;, puisque notre jeune maître a w\v prédilection pour les aveugles, je vais toujours

dnninr ei'l i à iiinn ancien confrère, i.l part.; et un peu aux aulies, parci' cpie ce n'est pas leur faute .s'ils n' jouissent pas des mêmes avantages personnel-. [H sort.)

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