‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 113 sur 783 · SCENE Vi · texte numérisé non relu

SCENE Vi

VALÉRIE, hËNhl, qui regarde sortir le comte.

HENRI, à part. Il nous laisse, c'est fort heureux. [Hau^.] Ah! Valérie, je vous cherchais; rien n'égale la fatalité (pii me pouisuit.

VALERIE. Quel dommage! je suis si heureuse, je von Irais c|uetout le luond'; le fut. Dite.s-moi vite vo'.re chagrin.

UENRi. J'ai vu Caroline; jo lui ai parlé, et ajirès a\oir bien hi'sité, je lui ai déclaré ino:i amour.

VALERIE, soHr/cf.'if; La belle aviince ! J ; le lui avais dtj i dit.

HENRI, i' l(; sais, mais c'est égd, j'ai eu le courag<; de le lui répéter.

v.vLEiuE. Eh bien ?

HENRI. Elle a ri d'abord; mais elle paraissait émue. Je sidlicilais un aveu; je voulais savoir si j'étais aimé. Eiilin, elle m'a promis de me le dire après 1(! dépari. de .VL d(> Halzbourg.

VALÉRIE. Il me semble que c'est déjà quelque cliose.

HENRI. Mais c'est que le comte ne part pas; il ne partira jamais. Il aime madame de Blumfeld; il veut l'épouser! Elle convient elle-même qu'en restant dans ces lieux il le lui a déclaré formellement. Elle plus terrible, c'est qu'il est fort aimable, du moins à ce qu'elle prt'tend.

VALÉRIE. VraimiMit!

HENRI. Mais VOUS ilevez le sivoir aussi bii'U qu'elle.

VALÉRIE. !Non, je ne lui al jias parlé.

HENiu. Il vous (piitte da is l'instant. Ce jeune seigneur que j'ai vu sortir d'ici...

VALÉRIE, (Wecjuie. Vous ne .-avez p.is? C'est l'j'Ursl!

HENRI. C'est le conil!' de llalzboirg.

VALÉRIE. Que dites-vous?

HENRI. Je n'en saurais douter; j'étais présiMil à son arrivéi";

VALÉRIE. Lui! vous vous trompez, il n'a point de titres, de richesses; il nu; l'.iurait dit.

HENRI. Qu'il vous l'ait dit ou non; c'est liM'omte de llul/^bourg; et c'est là celui qu ■ vous aimiez?

vALÉntP. Oui, et quel qu'il soif, il est digne de mi (endresse : c'est le plus noble, le plus gi-iiéreux des hoimues!

VALERIE.

Si vivis saviez quel mnlif f; ramène ici! C'est pmr moi, po!ir moi seule qu'il revenait...

HEMu. Pliit au ciel! Mais nialliciireusementje suisccrlaii) que c'est pour madame de Blumfeld ; car vous, Valérie, il Ignorait que vous fussiez en ces lieux, et il devait toujoin-s vous croire à Olbruk.

VALÉRIE. 11 connaissait Caroline, et il ne m'en a pas parlé ! Et cet amour, ce mariage... Cela n'est pas possible, puisque tout à l'heure encore il m'offrait sa main.

HEMu. Je ne vous comprends pas; vous doutez de tout. Vous ne savez donc pas, Valérie, quels desseins i)eut cmieevoir un liomnr^ riehequi se croit sur de l'impuniti'! Poin-quoi vous caciier et son nom et son ranu', quand il ne le laisse point ignorer à madame de Blumteld? Il est donc citlain (|ue j'ai raison, et que c'est elle qu'il a l'intention <{'<■pouser.

v.\LÉiuE. Eh! de grâce, dispensez-vous de m'en doimei' tant de preuves !

HEMU. Pardon! Mais c'est que vous n'êtes pas, comme moi, à même de tout observer. On dit qu'il est fort bien, fort agréable. D'abord, il n'a pas produit siu* moi C't effetlà. Il ne m'a pas paru bien du tout; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il y a dans sa physionomie un air de fausseté et de mystère; et vous seriez de mon avis, si vous pouviez en juger...

v.\LÉRiE. Attendez. Au moment de me quitter, il a hésité. Je me rappelle qu'il tremblait. Oui, j'en suis sûre, il était troublé. Mais conunent soupçonner sa perfidie? Sa voix était toujours la même ; j'avais toujours le même plaisir à l'entendre... Non, mon ami; rassurez-vous, il ne voudrait pas me tromper. Ce sei'ait trop facile.

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