‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 205 sur 783 · ADÈLE, LÉOPOLD · texte numérisé non relu

ADÈLE, LÉOPOLD

i.ÉOPOLD. A nous deux, maintenant, puisque vous avez de l'argent de irop, il faut m'en donner.

ADELE. Y pensez-vuus?

LÉOPOLD. Tant que j'en ai eu, je ne vous l'ai pas épargné. La succession de num père y a pa^sc. Pauvre brave homme! le plus riche marjc'mind de vin de la .Râpée !

ADELE. Vous n'avez pas voulu m'écouler.

LÉOPOLD. Courte et bonne! c'est ma devise; j'avais, je n'ai plus. Maintenant c'est à ceux qui ont à me donner; et s'ils font des façons, je les forcerai bien à me rendre ma pari; car j'ai mes idées là-dessus.

ADELE. Et quel est votre dcs.sein?

LÉOPOLD. De quitter celte maison, qui commence à être mal notée, les abonnés se dispersent, le jeu languit, rien no va plus. Nous voulons voyager dans les déparlenients, ou à l'étranger, si faire se peut. Mais pour cela il faut de l'argent.

ADELE. Je n'ai rien, vous le savez.

LÉOPOLD. Vous avez conserve des relations dans le monde, de belles connaissances, de hautes protections; il faut les employer, faire un appel à leurs sentiments, à leur délicatesse, et leur demander de l'argent pour moi, ou pour vous, cela revient au même.

ADELE. Je ne connais plus personne.

LÉOPOLD. Vous avez une famille, un père^ une tante.

ADÈLE. Vous savez bien qu'ils sont morts de chagrin !

LÉjpOLD. Oui, à ce qu'ils disent; ma's votre sœur, votre beau-frère, on peut les mettre à contribution..

ADÈLE. Ils ne veulent plus me voir.

LÉOPOLD. Et M. RiaUo?

ADELE. Jamais.

LÉ(jpùLp. D'autres enfin; M. Hippolyte; d'après ce que vous m'avez dit, c'est un jeune homme à gran:ls sentiments, qui depuis trois ans a, dit-on, réussi dans le mon !e, et qui ne refusera pas à une ancienne passion un souvenir utile. Moi à sa place je n'hésiterais p.is, parce que nous autres jeunes gens du monde nous sommes tous comme (;a.

ADELE. Plutôt mourir que d'avoir recours à lui 1

LEOPOLD, haussant la voix. 11 le faut cependant, car je le veux, et VOUS ne me connaissez pas quand on me résiste !

ADÈLE. Léopold : Léopold ! vous m'effrayez ! (.-1 part.) 0 mon Dieu! qui m'arracliera de ses mains?

LÉOPOLD. Là, à ce secrétaire; voilà ce qu'il faut pour écrire. [Pendant qu'il dispose b papier, la phum et l'encre, etc., entre Cn-ponne.)

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