‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 264 sur 783 · ADRIENNE, LA FEMME DE CHAMBRE, MICHONNET · texte numérisé non relu

ADRIENNE, LA FEMME DE CHAMBRE, MICHONNET

i.A FEMME DE CHAMDRE. Uu cotïret qu'ou apporte pour Madame.

ADRIENNE. (Jui l'a apporté?

LA FEMME DE CHAMBRE. Uii domostique saus liviv<% qui a dit seulement : De la part de M. le comte de Sa\e.

ADRIENNE, poussant un cri. De lui !.. [Prenant le coffret des mains de la femme de chambre.) Laissez-nous... laisseznous... {La femme de chambre sort, et Adrienne pose le coffret sur la table et s'assied toute tremblante.) .\h! mn:i Dieu'., que peut-il me vouloir? ma main tremble... et je ne puis ouvrir...

MICHONNET, à part. Et elle croit qu'elle ne l'aime plus!..

ADRIENNE, vivement. Voyons! voyons! [Poussant un cri de douleur.) Ah !

MICHONNET. Qu'est-cc doiu'?..

ADRIENNE. Eu ouvrant ce coffret... j'ai éprouvé une sensation douloureuse... un soufile glacial qui parcourait mes sens... c'était comme un présage du coup qui m'attendait...

MICHONNET. Quc coiiticnt donc cette boîte?

ADRIENNE. .Ab)n bouquet! [Le jyrenant à la main.) Je le reconnais... celui qu'hier je tenais à la main lors de sou arrivée! demandé par lui... donné par moi comme un gage d'amour... il pouvait le dédaigner, l'oublier, le jeter à l'écart!., mais me le renvoyer... exprès!., mais joindre l'affront au mépris...

MICHONNET. Cela ne vient pas de lui !.. c'est cette rivale qui l'aura forcé!

ADRIENNE, Se levant avec indignation. Devait-il oliéir? et tout esclave qu'il est, ne devait-il pas se révolter à l'idée seule d'insulter celle qu'il a aimée ! [Retombant sur le fauteuil, près de la cheminée, en tenant à la main le bouquet de fleurs quelle regarde quelque temps en silence.) Fleurs d'un jour, hier si éclatantes, aujourd'hui flétries, vous qui aurez duré plus longtemps encore que ses promesses! Pauvres fleurs, reçues par lui avec tant d'ivresse et de joie, vous ne pouviez plus rester sur ce cœur où il vous avait placées et dont une autre m'a bannie! Exilées et dédaignées comme moi, je cherche eu vain sur vos feuilles la trace des baisers qu'il y imprimait!., que celui-ci soit le dernier que vous n'cevrez, celui d'un adieu éternel! [Elle porte avec force le bouquet à ses lèvres. Oui. . . oui. . . il me semble que c'est celui de la mort! et maintenant... qu'il ne reste plus rien de vous, ni de mou amour... [Elle jette le tmiquet dans la cheminée.)

MICHONNET. .Xdrienue!.. .\drieiine !..

ADRIENNE, sc levant et s'appuijant sur le marbre de la cheminée. Ne craignez rien ! [Portant la main à son cœur.) Cela va mieux! [Regardant du côté de la cheminée.) Je suis forte maintenant... je n'y pense plus!..

A m I i:nn !•: lecou vkelh.

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