‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 274 sur 783 · SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil

Les précédents, CHAMPE.NOUX.

cuAMPENOux, entrant par le fond et s'arrétant à la porte. Pardon, ma marraine.

CAROLINE, continuant de jouer. Tu vois bien que je suis occupée.

CHA.MPENOUX. Si VOUS u'ètcs pas pressée, tant mieux, je ne b; suis pas non plus. C'est la répoiiseen (piistion.

c\v.ou^E, jetant sa raquette . Ah! donne vite. (ZiV/of/an/ jette aussi la sienne, et va prendre son fusil avec IC' quel il s'amuse à faire l'exercice.)

CHAMi'ENOux. 11 a griffonné cela à la hâte, et avec un air sournois, avecunairsournoisqui ne ditricndebon.

CAROLINE, qui a lu la lettre. 0 ciel! je ne puis y croire, il refuse.

CHAMI'ENOUX, à part. Il serait possible ! ah ! riionnète homme ! Qui se serait attendu à cela d'un lionane d'affaires?

CAROLINE. 11 refuse, et de quelle maniire ! il lui reproche sa naissance, sa pauvreté; quelle indignité! comme si c'était sa faute.

ÉDOU.UID, posant son fusil sur la table , et accourant auprès de Caroline. Qu'est-ce donc, ma marraine?

CAROLINE. Pauvre enfant! tois trantpiille, je ne t'abauilonnerai pas; ils ont beau dire et beau faire. Mni d'abord, dès qu'on me contrarie, c'est une raison de plus; et il faudra bien que je lui trouve une fenmie. Dis-moi, Edouard, aimes-tu quebprun?

EDOUARD. Moi, ma marraine?

CAROLINE. Eh! oui, cela nous aidi rail un peu. Voyons, cherche bien, aimes-tu quelqu'un ?

EDOUARD. Non, non, ma marraine, if'endantcetcmps, Champrnoux a ramassé les raquettes, le volant, rangé les chaises, et est rentré dans la chambre à droite.)

CAROLINE. Eh bien! tant pis!.... vous avez tori. Depuis trois mois que vous êtes sorti du collège, je vous demande à quoi vous avez employé voire temps ?

ÉDOUAR!). .Mon seul vœu est de rester auprès de vous, de ne point vous quitter. Qu'ai-je à désirer de plus? je me trouve si heureux !

CAROLINE. Vraiment! ce pauvre garçon! Va,Edouard, je ne doute pas de ton amitié, dé ton attachement ; et moi aussi démon côté, tu peux être sûr...

EDOUARD, lui prenant la main. Ah! que vous êtes bonne!

LA MARRAINE

CAROLINE, préoccupée. Et bientôt, je l'espère, tu sauras, tu connaîtras mes projets.

EDOUARD. Ses projets!

CAROLINE, Quels qu'ils soient. Monsieur, je veux que sur-le-champ vous vous empressiez de vous y soumettre.

ÉDOiARD. Oui, ma marraine.

CAROLINE. Car votre premier devoir est d'être soumis.

EDOUARD. Ah ! oui, ma marraine.

CAROLINE. De m'obéir en tout.

EDOUARD, en pressant la main de Caroline sur son cœur. Oui, ma marraine.

CAROLINE, avec impatience, retirant sa main et lui donnant un petit soufflet. Mais finis dune, et écuutemoil

EDOUARD. Je crois, ma marraine, que vous venez de m'insultcr.

CAROLINE. Moi ! du tout.

EDOUARD. Et d'après ce que vous m'avez dit vousmême...

CAROLINE. Monsieur, finissez, je me fâcherai. {Elle s'enfuit derrière le guéridon.)

EDOUARD, tournant avec elle autour du guéridon. Cela m'est égal; l'honneur avant tout; il me faut une réparation.

c\muyE,s'enfuyant dans le jardin. Je te la promets si tu peux l'atteindre.

EDOUARD. Ah! quelle trahison! {Il court après elle.)

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