I.AGNV — Iii.jiiiiiicrie de Vialat ei Cic. — Hi
où je Lur clo:ii;ais à dîn n'. A lab!o on professe bon
mieux En sorlant de classe, iis étaient tous gris,
pai'ce (iiio, voyez-vous, ma sag.îssc n'a rien (raiistcre; je suis bon entant, bon convivej je fais inarcber de front la phibisophie et le vin de Cliampagnc. Aussi, dans les boudoirs, dans les foyers de l'Opéra, je suis partout bi'u reçu, mais sans fieon, sans conséquence, en ama'eur. 0:i sait qu'avec mui il n'y a rien h faire... Comme llulind, mon patron, je suis maintenant inva'nérable.
GLiNsnouKC. Eh bien! mon ami, vous étiez plushcurcu\ qnem.)i,qui été blessé beaucoup dans lu cœur!
iioLAND. Ah çà! oùenétes-vousdoncde voi amours?
CLiNSROLKG. lih bien! mon ami, jo avais parlé de mon passion et de mon forlunCj et elle avait mis moi à la porte.
noLAND, Et c'est là, en effet, que je vous al trouvé.
GUiNsoouno.
Ain du Piège.
Pmiiianl je otTrais à g.MioiK l")ii\ ou trois millions d'opulence Que je avais gasné rhcz vous.
noi.AND.
An fait, c'est juste ; et «piaud j'y pcns», FranclKUnent ces clraiigcrs-là Sortiraient troi) d'argent de i'rauCc, Si noua n'avions pas l'Opéra Qui vient rétablir la balance.
r.riKsnonr.G. rroyrz-vnu.s, mon ami, qu'dic voulait èlre mile ly Gtiinsbourj,^
r.'ii.AND. Vraiment?
01 iNSBOLRG. Yes, iiiilédy Guinabourg, vraiment.
TiOLAND. C'est l)i(ai; c'est dans les grands principes. Mais qii'est-cc (pie cela vous fait, à vous antres Anglais? vous n'y tenez pas. Los gazettes dr Londres n lus annoncent Ions les jours de pareilles alliances.
r.uiNsiiociir,. Y(^s, mais ce était toujours ]tar capitulation, dans la dernière extrémit''; et, en attendant, y: vi'iiais ici |)onr le espionnage; car, voyez-viuH, je sou|iço!me un petit Franeaiie, M. Edouard, de me niyslitier, moi.
'itOLA>n, Qu'est-ce qu;' vous mo dites là? c'est pDur Edouard que Coraly vous congédie?
(iCiNSiiOi ur.. .Je en f(>rais le gageurt;.
itoi.AMi. Esl-re (ju'tîlle aurait sur lui des vues sérieuses? nn instant, je no le s luffrirai pas.
GuiNsnoiuG. Oli, mon ami! mon cher ami! (pi; 1 service !
iioi.AND. Ne niVn remerciez pas : ce n'est pas par intérêt pour vous, mais pour lui. Edouard t st un aimable garçon que j'ai pris en amitié; et puis il a à nu s yeux nn talisman (pii le i>rol(''gera toujours, une
.sœur, madiune de Selmar Si vous la connaissiez !
c'est la beauté, c'est II vertu même. Aus>-i,moi, mauvais sujet, je n'en paile jamais qu'avec véni'ration.
GiiissuornG. Quoi! mon ami, vous qui disiez vous invnhK'rable?
Roi.ANr». Pas de ce côté-li\; c'est iiien dilTérent ; c'est le sentiment le plus pur, une aduration mêlée de re pcct ; enlin deux ou trois l'ois je \w suis trouvé pies d'elle, et je n'ai pas seulement osé lui adresser li pande.
(.LiNSBOURG. Vous! UQ petit témcraire! audacieux auprès des dames!
itoi.AM). C'est sel(Mi... Mais dan- le monde ce n'est l>lus cela ; dès (pie j'entre dans nn salon, que j'adresse il parole à une femme, je perds cent pour cent de mon mérite; j(^ m'intimide, je deviens gaui lie; je suis comme vous dans les coulisses de l'Opéra; j'ai l'air il'uu étranger qui ne sait pas la langue du pays.
ociNsuocuG. Ecoutez, vous . je havo entendu le voiture dans le roulement.
ROLAND, c'est vrai, c'est Coraly.
GLiNsBoiRG. Quel et lit le messicr ipii lui donnait la main?
r Eh
ROLAND. Vois ne co.inaisst;7. pa^.. c'est nn d.uiseu de l'Opéra, .M. Tonton; ce n'est pas da:igi-reux. E bien! qii'avez-vous don ? vous tremblez!
ciiNSiiOLRG. C'est qu'elle ,d'ait venir elle-même.
ROLAND, à part. E^t-i! bête!
GLiNSBOLRG.Elqu'ell; avait défendu moi de [laraitre.
BOLAND. Soyez tranquille, restez. (.1 pari.} \ cause d'Edouard, je veux savoir ce qui on e-st. [Ilaut.^ Ne vous montrez pas d'abord; je me charge du racjommodemcnt.
cuiNSBOtinc. C'était bien, c'était bien ; je sauver m >i. {Il entre dans le cabinet à gaiichc , liolanl remont; la scène.)
fCltNE V.
nOLANn, CORALY, TONTON.
cOrai.y. a merveille, William, je suis contente; je .suis sûre que nous n'avons pas mis dix minutes pour venir de Paris.
TONTON. Oui, vos chevaux sont en nage! un attelage de quatre mille francs qui est peut-être perdu!
Coraly. Qu'importe? pourvu qu'on aille vite.
TONTON. Je vous l'ai dit, votre landau est beaucoup trop haut; en descendant, j'ai manqui'; de me fouler la rotule : et voilà cmnme on eumpromet une jambe.
rouALY, Je suis enchantée de ce que m'a dit Antoine, mon eincierge. Ah! ma mai.son est louée traujourd'bui ! c'est fort agmibb;.
ROLAND, s'avançant. Comment ! Madame, votre maison est louée?
coKALY. Eh! mou Dieu! c'est vous, R dand : Je ne m'attendais nas au plaisir do vous voir.
R iLAND. Ccst nue surprise... Je suis sans faç »n, moi; je n'en fiis jamais.
CORALY. .Mais venir ainsi an hasard...
ROLAND. Oh! j'avais des données coriaines ; avanthier, d.iiis votre loge, vous avez dit : « Lun li, je i.e danser li pas, j'.uir.ii ma migraine. » Je me suis douté (piî vous vil ndriez à votre m lisnu do campagne.
TONTON. Oui, la campagne, c'est commode : je m sais pas ponnpioi il n'y en a pas l'hiver.
ROLAND. Ce diable de Tonton est t')ujours de la même [nvcc; je ne connais pas do dans.'m' qui fas.se plus d'esprit.
ïjNTON. C'est vr.ii, c'est vr.ii, qn.md j'ai le temp... les joars où je ne daiiic |)as. Mais patience, vous verrez ce (pie je inédite.
Am : J'ai vu le Parnasse det dames.
Dans ce moine:il-ci j'accommode
Le rom uitinue en entrechats.
Et tous les auteurs ;\ 1 1 moJo
Avec int>i sauteront L pas.
Leurs ouvrages, ([uoi ([u'il m'en coi\le,
Sont mis en ballets par mes soins;
C'est un avantaqie...
ROLAND
Sans doute; Nous aurons te style de moins.
TONTin'. Je comptais venir travailler ici cet été; mais vous dites que la maison e>t louée.
ROLAND. Pouripi )i vous endefaiiv?
couAi.Y. J'ai d'autn-s vues. l>osgens qui m'entoiivnt sont curieux elbnards; moi. j'ai me à cacher mon rang
ROLAND. L'mcognitocst le piaisir des grands; et vou> qui, d'ordinaire, êtes reine ou princesse...
CORALY. Ici j'abdique, cl je ne suis que marquise.
TON ION. C'est bien modeste, mais c'est snnent indispensable. Si vous connaissiez comme moi Us des-
ngreuients de la célébrilé Je donnerais tout au
mo;ide pour n'être (pi'uu homme ordinaire. Qunid je suis dans une promena le publique, tout le monde sj dit à l'orcill; ; « Teut z, le voilà, c'est lui, c'est Ton-
CORALY.
« to!)... c'est Tonton, ce fameux dunsciir quia invc.ilc « les pirouettes sur le talon. » Alors ils m'entourent, ils me pressent, ils me marchent sur les pieds; et je leur dis ; «Messieurs, prenez donc garde; que diable! « j'en ai besoin. » (// rit.)
ROLA^D. Quand je vous le disais; c'est un feu roulant, c'est le Vuliaire de la pirouette.
loyio^, d'un air sérieux. Permettez. Monsieur, permettez; vous me parlez là de Voltaire, c'est que je l'ai lu... nous avons même dansé dans un opéra de lui.
couALY. Qu'est-ce qu'il dit donc?
TONTON. Je me le rappelle très-bien, la Princesse de Bahylonc, musique de Kreutzer. Nous avions là un pas de deux, vous rappeb z vous? tra la la.... un coupé à la seconde. [On entend tomber xm meuble dans la chambre à côté.)
coiiALY. Eh! qu'est-ce que j'entends? Est-ce qu'il y a quelqu'un ici?
ROLAND. Ah! mon Dieu! je n'y pensais plus... c'est mon protégé que j'avais oublié. Il aura eu ie temps de faire un somme.
CORALY. Qu'est-ce que cela signifie?
R0LAM1. Qi'e je me suis chargé de vous présenter un de vos esclaves indignes, le désolé milordGuinsIjourg.
TONTON. L'n de mes élèves, je lui montre à danser.
CORALY. Comment, il est ici? Je ne veux pas le voir.
ROLAND. Permeitez; je lui ai promis ma médiation.
CORALY. N'importe.
Air : Ce que j'éprouve en vous voyant.
Je crains pour vous ce qu'on dira :
Quoi! vous lui déclarez la guerre !
Songez qu'en tout tumps rAtigleterre Fut en paix avec l'Opéra.
Entre eux que de rappoits intimes!
Albion règne sur les flots, Vénus naquit au sein des eaux.
Entre puissances maritimes On doit toujours vivre en repos.
CORALY. Eh! que voulez-vous que j'en fasse? je l'ai congédié, et ne le recevr.d pas.
ROLAND. Prenez garde... je vais croire à certain^ projets dont on parle, et qui pourraient nous brouiller à jamais,
CORALY, inquiète. Que voulez-vous dire?
ROLAND, bas. Ecoutez, Coraly, restons bons amis : parmi vos adorateurs, il eu est un que j'except(>, Edouard, que je retranche de vo'.re domaine... Vous m'entendez... Sans cela..
CORALY, à part. Ah! mon Dieit! [Haut.) Quoi! vous pourriez supposer^.. S'il enest ainsi, et pourvous prouver... je suis prête à recevoir Milord ; mais c'est qu'il est ennuyeux à la mort.
ROLAND. Eh bien! n'avcz-vous pas Tonton qui fera sa partie?
SCÈNK Vî.
Les précédents, LORD GUINSDOURG.
ROLAND. Entrez, Milord, et ne craignez rien; grà;e à moi, la paix est faite.
GuiNSBOuRG. Je été bien heureux, Milédy, de obtenir le parilon de moi.
CORALY. C'est bien, Milord; qu'il n'en soit plus question.
GuiNSBOURG. Ce messicr Roland, il était bien dévoué pour moi. C'est pas comme vous, Milédy, qui traite moi comme un nègre; et pourlaut (Riant.) le traite des nègres, il était défendu... ah! ah!., vous permettez le petite plaisanterie.
ROL.\ND. Très-joli ! Voilà de la galanterie britannique; et je ne sais pas pourquoi vous vous plaisez à désespérer cet honnête insulaire.
GUINSBOURG. Ycs, iBOU amour... {Tonton passe auprès de milord.)
CORALY. Tais 'Z-voiis donc, voici (pi li| l'iui. GuiNsuouRG. Oh bien, tant pis; je allais lancer moi.