SCÈNE V
L'ESPÉRANCE, en bas noirs; hahH noir sf-rrant la taille, chapeau sur la tète; il ouvre la porte vitrée à gauche, et regarde autour de lui. Pei'sonne. Si je me suis bien orienté sur ma carte topograpliiqiie du ministère, voici la grande entrée et l'escalier du ministre; et c'est par là que moi, Félix Lespér.uKo, je i)réteuds enlever l'entrepôt de tabac de Saint-Malo, vacuit par décès du titulaire. Ils sont là, par l'entrée ordinaire, trois ou quatre cents personnes à attendre luur toiu", chacun son numéro. On appelle n" 1 , n" 2, n" 3 ; mui qui ai justement le 399, et dès que je voulais me faufiler ou anticiper sur le voisin, ils étaient fous à crier : à la queue! à la queue! et puis les bourrades, vlan, vlan; encore si ça avait dû me faire avancer, je ne dis pas; pu'ce que dès cpi'on avance, le reste n'c^t rien. Mais quand j'ai vu «pie c'était en pure perte, j(> les laisse là; je fais le tour, ct j'entre par la grande porte avec .\zor, qui n >. me quitte pas, ct qui connaît tons les ^ninivtres l'oinme moi-même. «Monsieur! Monsieur, les chii^i- n'<'ntrent pas. » Je ne priMids |us ça poir moi; je continue mon chemin. « Mmsi^ir,
LE SOLLICITEUR
vutro chien ! » Je ne fais pas semblant de le connaître, je vas tiiujours ouinmc s'il n'était pas de ma conipa- ^mie; el, pendant que le suisse, en baissant sa hallebarde, poursuit ce pauvre Azor dans la cour, je me i^lisse impcrceptil)lement derrière lui, et me voilà; it il y a des musards qui vous disent : «Mais comment donc faitus-vous? ou vous trouve partout. » L'audac ; ; je ne conna s que Taudace, moi. Audacieux et fluet, et Ton arrive à tout.