SCÈNE XV
LESPÉRANCE, M. SORBET, une serviette sous le bras et un rjrand plateau duinjé d'un déjeuner.
.SORBET, entrant. Me voilà! me voilà! A peine aujourd'hui at-on le temps de se rec(jnnailre. A cette
heure-ci tout le bureau est au cifé.
LhSPÉi'.ANCE. Diable ! (pudle gaucherie à moi d(; n'avoir pas déjeuné chez lui! II peut m'étrc fort utile. C'est décidé, dorénavant j'y faisions mes repas. Il ne ré>istera pas à nue consoinmilioii un peu active. Dites-moi, monsieur Sorbet, il piiraît (ju'il y a de l'appétit parmi les employés?
soiu;et. Dieu merci, cix n'est pas la faim ipii leur manque; et si ce n'étaient h'S crédits, ça irait bien. On s'en retire toujours, |tarce que les jours de paiement, aujourd'hui, par exemple, on est là des premiers. {li'-()ardaiit par la j)or te vitrée.) Ah, mon Dieu!
LESPÉRANCE. Qu'est-cc quc c'estdoiic?
SORBET. Vous ne voyez pas dans la cour ce monsieur?
Air de Partie carrée.
C'est l'employé que toute la semaine Dans son logis j'ai ctierclié vainement.
Pour me solder une quinzaine, Il m'a remis au jour de son paiement.
LESPÉRANCE.
Je parierais qu'il vous redoute.
A grands pas je le vois marcher.
Qu'il est léger !
sorbet.
Ah! plus de doute, C'est qu'il vient de toucher.
Et s'il p isse la porte, je suis perdu, parce que vous pensez bien (|uo le marchand de vin et le propriétaire...
LESPERANCE. Eli bicii ' couruz-y donc, coun^z vite. {Lui prenant le plateau et la serviette ) Làis^ez-moi cela.
SORBET. Je reviens dans l'instant. {H nort.)