MARGUERITE, NEUDOROUG, "WALPOLE, HENRI
NEUBOROUG, cherchant à se dégager de ses bras. Ah ! c'est malgré moi... Je n'ai pas été maître de mon premier mouvement!.. Mais je ne pardonne pas... je t'en veux toujours...
MARGUERITE. Ah! mon père!., vous vous vantez!
NEUBOROUG. Non, Mademoiselle!..
WALPOLE. Et moi, j'en suis sûr... ou du moins, je sais le moyen de te désarmer... Williams, j'ai be,soin de toi.
NEUBOROUG. Que dis-tu ?
WALPOLE. J'ai un important service à te demander...
NEUBOROUG. Et tu cs vcuu à moi?
WALPOLE. Sans hésiter... et sans rougir!
NEUBOROUG, avec sentiment. Tu es donc encore mon ami?
WALPOLE, lentement et le regardant. Pour toi... du moins je crois que c'en est une preuve...
NEUBOROUG, luî Serrant les mains. Et lu as raison... tu as bien fait... Tout est oublié... Tu as besoin de moi ?.. [Avec chaleur.) Voyons, Robert, dis-moi ce que tu veux; parle vite... dcpcche-toi... il me tarde de me venger!..
WALPOLE. Rien ne presse... nous avons le temps de causer... car je viens passer la soirée avec toi, et te demander à souper..'.
NEUBOROUG, kors dû luï. A souper! est-il possible!., un trait comme celui-là!.. [Avec attendrissem"nt.) Je pardonne... je pardonne tout... j'ai retrouvé mon ami... Ma fille... tu l'entrnds?.. C'est lord Walpole... c'est le premier ministre de l'Angleterre qui vient nius demander à souper.
WALPOLE. Eh! non... c'est ton vieux camarade.
NEUBOROUG. C'cst cc quc je voulais dire.
"WALPOLE. Entre nous... en petit comité... rien que des amis.
NEUBOROUG. Tu as raisou... ça te changera...
WALPOLE. Et surtout .sans cérémonies, sans façons...
NEUBOROUG. Certainement. [A Marguerite.) Passe chez le fournisseur de la cour.
MARGUERITE. Y pcuscz-vous? il va sc croire chez lui!
NEUBOROUG. C'cst juste... cli bien! notre ordinaire... tu comprends... notre ordinaire des grands jours...
MARGUERITE. Oui, iTion pèrc.
NEUBOROUG. Lord Henri... sera des nôtres... je l'espère.
HENRI. Et moi j'y compte bien! Je retourne au palais où je suis de service, et je reviens...
MARGUERITE, vivcment. Le plus tôt possible... [Se reprenant.) pour ne pas faire attendre milord votre oncle.
HENRI. Je serai exact au rendez-vous. (// sort.)
MARGUERITE, à Walpole. Si dici là votre seigneurie voulait une tasse de thé?
WALPOLE. Merci, ma belle enfant. [A Neuboroug.) Elle est jolie, fa fille.
NEUBOROUG. Jc crois bien!
WALPOLK. Je ne l'aurais pas viconnue.
NEUBOROUG. Pacbli'u ! depuis dix ans; mais j'ai tort... je ne dois plus parler de cela.
I/AMHlTfKnX.
AVALPOLE, bas, àNeuboroug. Si j'osais... je te doinaiidcrais à l'embrasser,
^■^:lJllonouG. Eh bien ! qui est-ce qui t'arrête? [Waljmle l'pmbrassc.)
MAHGIIF.RITK. Qucl bouheur!.. j'ai embrassé le ministre! (Elle sort par la porte à droite.)