SCÈNE XIV
ALBERTINE, LÉOPOLD, DULISTEL, COELIE, DESRO- SOIRS.
DLLiSTEL, qui est entré avant la fin de la scène précédente.
Eb! oui, mon cher : mon notaire est arrivé... 11 boit du puncb, et il attend, pour commencer ses fouctious, deux choses asseï essentielles que je viens chercher...
LÉOPOLD. Et lesquelles?
DLLISTEL. D'abord le prétendu... et puis ensuite le contrat que j'ai soumis à votre approbation.
LÉopoi.D. C'est juste. [Le tirant de sa poche.) Le voici.
Di LISTEL, le parcourant. .\li ! diable di\|à signé par
Aous! Prenez garde, car le contrat jx^rte (piittance de la dot.
LÉOPOLD, froidement et montrant Albertine, Que Maxlaine vieiit de me remettre à l'instant.
DESROSOIRS, étonné. Est-il pi^sible!
LEOPOLD, frotdemeHt. Je l'ai là !
ALBERTINE, « demi-iHM.T ct joit/nani les nuUas en signe de remerciment. Ah! Monsieur!..
DESROSOIRS, stupéfait et la regardant. Comment diable at-eile fait?.. Je m'y perds!
DiT.isTEL, froidement. C'est juste... c'était entre Io.<: mains (le ma femme... et elle a bien fait...
. COELIE, qui jusque-là s'est tenue à l'écart et a gardé le sil"nce. Du tout... et Monsinir peut la lui rendre... à l'instant même, sur-b'-cbamp...
TOI s, avec étonnemenl. 0 ciel!., et |Kiuniuoi donc?
COELIE. Parce que je ne veux plus me marier!
i.É'ipoi.D, ixtssant près de Co-lie. (!(vlie... est-ce bien vous (|ue j'cnlends?..
rciELiE. Oui, Moii>i.ur... j'avais ;u'.cepté, parce que je vous
LA PASSION SECRETE
croyais un bon caraitore, parce que, depuis que je vous ! connais, ji' ne vous avais pas vu un seul défaut... mais vous I en avc7., je le sais, et ma sœur avait bien raison, quand ce I matin elle voulait difiérer ce mariage.
ALDERTiNE, cùurant à elle. Moi, du tout... je donne mon I aveu. . mon cunsentement : c'est le meilleur, le plus noble, le plus généreux des hummes... épouse-le, Cœlie, épousele! lu es digne d'un pareil bonheur,., et lui aussi... coEL'E. Vous croyez?..
L! o.'OLD, passant pi ès de Cœlie. Je vous aimerai tant, que Vous n.e pai donnerez mes défauts... ou pkitùt, je vous le jure, (lis aujourd'hui je suis corrigé...
caLiE. A la bonne heure!., car c'est si vilain d'être co-
lère... et surtout d'être joueur ! c'est le jtire dis défauts.
i.ÉOPOLD, voulant la faire taire. C'est bien... c'est bien ..
coELiE. On dit que cela mène à tout... que ctla peut faire tout oublier... honneur, vertu, devoir.
ALBERTiNE, à part. Oh! jamais! jamais!
LÉiiPOLD, voyant Albertine qui cache sa tête dans ses mains, et interrompant Ca'lie avec impatience. Silence... de grâce!..
COELIE. Là., le voilà encore en colère!.. [Pleurant.) Ah! mon Dieu !.. mon Dieu !.. je suis bien sûre que je serai malheureuse.
DESROSoms. Eh bien! alors...
coELiE, essuyant ses larmes pendantque Léopold luibaise les mains. C'est égal!., je me risque!
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