‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 42 sur 783 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Les précédents, LEGRAND.

LEGRAisD. Laissez-moi, laissez-moi passer, je suis de la maison.

MADAME GOBIN. Qu'ost-cc quB c'cst quc cc mousieur-là ?

MOKA. C'est le souffleur.

MADAME GOBIN. Il a uu air endormi.

MOKA. Dam', il lit la pièce tous les soirs.

LEGRAND. Garçou, une demi-tasse!

MOKA. Versez au salon.

MADAME GOBIN. C'est apparemment pour se réviill r.

MOKA, à M. Legrand, qui sauf fie son café. Eh ! ne soufflez pas, ce n'est pas trop chaud : ce que c'est que l'habitude. — Eh bien ! monsieur Leixraiid, nous avons encore du inonde.

LEGRAND. C'est uuc béuédiction.

Air de Marianne.

Chez nous, depuis qu'on se rassemble.

Tout va des mieux, et grâce au ciel, A la Gaieté, Lutèce tremljle.

Et nous faisons pâlir Daniel (l).

Qu'un gai délire

Chez nous attire, Mais qu'en sortant on finisse par rire.

Tout notre espoir

Serait de voir Qu'on assiégeât tous les soirs

Nos couloirs.

Loin que cette guerre nous lasse.

Accourez! nous tiendrons longtemps.

Puisque ce sont les assiégeants Qui nourrissent la place.

Ah Cil, vous avez là le manuscrit que je vous ai laissé?

MOKA. Oui, le voilà. Si vous voulez qu'on le porte au théâtre?

LEGRAND, le mettant dans sa poche. Je le porterai moimême. Songez donc que je tiens là tout le talent des acteurs et tout l'esprit de la pièce.

MOKA. Enfin, si vous voulez...

LEGRAND. Je VOUS remercie : ça n'est pas lourd.

MOKA. Est-ce que vous allez déjà vous installer dans votre loge?

MADAME GOBIN. Si Ce moiisieur pouvait me donner une petite place en se serrant un peu. Qu'est-ce que j'entends là? Enfin, c'est mon mari ; ma foi, ce n'est pas sans peine.

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