‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 434 sur 783 · I.A uEi.NE, souriant. Le jiarli ment le défrn I · texte numérisé non relu

I.A uEi.NE, souriant. Le jiarli ment le défrn I

AiiiGAÏL. Et vous n'oseriez le braver? Vous n'auriez pas ce courage... vous, la reine?

LA REINE. Qui sait? je suis peut-être plus brave (jue tu ne crois!

AniG.\ÏL^ viveinod. A la Lnuiie heure!

LA REINE. Je plaisante!.. C'est, ci mime tu le disais un

rêve! une idée... un avenir mystérieux, des projets chimériques où l'iniagination se conq)lait et s'arrête ! des songes que l'on lait, éveillée, et qu'on ne voudrait peut-être pas n'ali-er... même quand ce serait possible. En un mot, un ronru) à moi seule que j(! compose... et qui ne sera jamais lu.

AiiiGAÏL. Et pourquoi donc pas? une lecture à nous deux... àvuix basse... que j'en connaisse seulement le héros.

LA uEiNE, souriant. Plus lard... je ne dis pas.

AitiGAÏL. C'est quelf^uc beau seigneur, j'en suis sûre.

LA REINE. Peut-être! Tout ce que je sais, c'est que depuis deux ou trois mois, à peine lui ai-je adressé la parole... et lui, jamais !.. C'est tout simjile... à li reine...

ABIGAÏL. C'est vrai... c'est gênant d'être reine! Mais, avec moi, vous m'avez (iromis de ne pas l'être!.. Alois, entre nous, à vos moments perdus, nous pouri'ons pai'ler de l'inconnu... sans craindre le parlement!

LA REINE. Tu as raisou!.. Ici, il n'y a pas de dangers! et, ce ([u'il y a de charmant, Abigaïl, ce que j'aime en toi, c'est que lu n'es pas connue eux tous, qui me |)arlent toujours d'atlaires d'État !.. toi, jamais !..

AiîiGAÏL Ah! mon Dieu!..

LA REINE. Qu'as-tu doiic?

ABiG.ViL. C'est que justement j'ai une demande ù vous adresser, une demande très-importante, de la part...

LA REINE. Ue qui ?..

AiiiG.vÏL. De lord Bolinghroke... Ah! (|ue c'est mal!., ses intérêts ipie j'oubliais!., et qu'il vernit de nous confier, à moi... et à M. Masham...

Page 1