FRANVAL
C'est tris-fàcheu\o
ROSE, à pcrt.
Non pas, c'est trés-heuivux.
FaANVAL.
Ce trait sent un p u la Gi'?cogj\
ROSE, en montrant Frnnval^
Je ne crains rien, car le voilà Forcé de croire celui-là, Ou d'aller en Poloiirc.
ÉDOUARp. Mil chère Lucie, que je siis Ik'urcux de vous voir; lu.iis descendre hier dans cet hôtel, sans m'en faire prévenir... si je l'avais su, je n'aurais pas élé au bil do l'Opéra, quoiqu'il m'y soit arrive une avenluiy char.iia:iie. Une jeune dame que l'on alliit ejilover pour uiie au!re, si je ne m'en étais mêlé... H faut que je vous conte cette liisfoirc-là.
LUCIE, d'un air suppliant. Mon cousin, ne la dites piis.
LE MI-NTEUR VÉRIDIQLF.
ÉnnuAnD. Oh ! no crai.Lrnoz rii'U ! clk' peut se raconter, et puis je vous en donne ma parole <riionneur, celle-là est vraie.
i-RANVAL. Comment! le? autres ne l'étaient donc pas?
i;i)OiARi). Si vraiment, elles le sont toutes; mais celle-là encore plus que les autres. {A Lucie) Imaginez-vous... Mais qu'avez-vons? croù vient cette tristesse? vous ne savez donc pas que votre père consent à nous unir aujourd'hui même?
ix'CiE. 11 serait vrai?
RDOiAnD. Oui, et il m'a promis que ce soir, après dîner, il •ii.'-nerait noire contra*, à upe seule condition, qu'd n'a pas voulu me dire, mais que vous devez connaître, n'esl-il pis vrai ?
LtciE. Oui, et je crains que déjà il ne soit plus en votre pouvoir de la remplir.
FRANVAL. Je crois du mo'ns qu'il aura de la peine; mais je suis équitable, et je ne condamnerai pas sîuis preuves, bien persuadé, mon cher Élouard. que tu ne seras pas embarrassé de m'en fournir d'ici à ce sjï^'.
ÉDOLAKD. 11 paraît qu'en province on paile par énigmes, car je n'y conçois rien ; mais qu'iipporte? vous m'a:mez, je vous aime; je suis si heureux de yons voir ; depuis six moi ; que nous étions .séparé-...
FRA.wAL. J'espère que lu as mi.sce temps à pvôfit, que tu t*cs fait des amis, des prolccteurs. Tu ne nous parlais pas dans tes lettres de M. le comte de Saint-Marcel, le meilleur ami de ion père : est-ce que, par hasard, tu ne le voyais plus?
ÉDOLARD. Si vraiment, tous les jours; une maison charmante, une fenmie fort aimable; l'autre jour encore, j'ai fait une chanson pour elle, dontje devais, aujourd'hui même, lui porter la musi ,ue.
r.osE, à Lucie. Ah! mon Dieu, j'ai bien peur: Lolive, qui est à son service, me l'aurait dit.
EDOUARD. Ce bon M. de Saint-Marcel, il m'a servi chaudement, il avait pour moi mille b^mtés: et la [.reuve, c\'sl que j'ai dnis ce moment-ci deux ou trois places à ma disposition; on m'ofïre la recette de Strasbourg, celle de Marseille...
FRANVAL. Je préfère cette dernière, et je suis d'avis qu'aujourd'hui même nous allions ,.
KDOLARD. A peine arrivé, vous occuper déjà d'affaires; songeons un peu aux plaisirs de la capitale, j'en veux faire les honneurs à ma jcdie cousine. Il y a une pièce nouvelle aux Français, j'ai fait reten'r une loge, ensuite il y a bal m;Siué.
FRA>VAL. Oh! d'ubord, le bal de l'Opéra, nous n'irons pas, nous n'avons ni masques, ni dominos.
EDOUARD. Et Babin, le costumier qui demeure là en face, sur le palier. Est-ce qu'un est jamais embarrassé à Paris, au centre de la civilisation et de la rue de Richelieu? A propos, comment trouvez -vous l'uppartement que je vous ai retenu? un peu pelil, n'est-ce pas? mais, vovêz-vou.s, je loge au-dessus; il y a un peu d'égoisme dans mon fait.
FRANVAL. J'aurais prét'éré lu boulevard.
EDOUARD. Ah! si j'avais su cela! ma maison qui est justo i u CQin des, Itali-^ns.
LUCIE. Voire maison !
FRANVAL. Tu a.s uuc uiaison à Paris, loi?
EDOUARD. Et qui ne m'a pas coù:é cher, un billet de loterie... moi qui n'y mets jamais,
FRANVAL. Peste! c'est avoir la main liejurousx.
EDOUARD. Une maison charmante, toute neuve, entre cour et jardin, dix m lie francs de gbu'es seulement au premier, avec un biilaixl, sidle de bai))s; cela avait été bàli pour une danseu c qui la trouvée trop petite.
FRANVAL.. Parbleu ! moi qui ne suis pas si difficile que cos dauies. j'irai y l03( r.
KDOUARD. Ah ! fpie je suis doue fâché! je l'ai ve:i lue avanthier.
FRA.NVAL. Déjà?
EDOUARD. Soixante mille fran ■s, ça n'est pas eh, r, mais il y avait des répara! ions à faire.
FRANVAL. Des réparations ! nue maison toute laniv.'!
EDOUARD. C'est-à-dire qu'il y avait un pavillo:i mal construit... Vous concevez....
Air : De sommeiller encor, ma rlièr^.
Des maçons l'on n'est jamais quitte.