SCÈNE VII
Les précédekts, M. DE BEAUCLAIR, en livrée élégante.
BEAUCLAIR. Monsieur,je i)récède mon maître, M. de Beau- ( lair : il m'a chargé de vous annoncer que, retenu chez le baron de Forlis, il ne pourra arriver chez vous que dans quelques jours.
d'estival. Hé ! que dis-tu donc, mou garçon? il est ici.
BEAUCLAIR. MoH maître! M. de Beauclair?
LISE. Sans doute.
d'estival. Le voilà. [Beauclair traverse le théâtre, se trouve face à face avec Senneville, et s'arrête stupéfait.)
SENNEviLLE, prenant un ton de maître. Eh bien, Jasmin, qu'y a-t-il donc?
BEAUCLAIR. Ah! c'cst Mousicur qui... que... En vérité... Je ne m'attendais pas... [A part.) Ma foi, monsieur de Senneville, ce tour-ci vaut l'autre.
SENNEviLLE. Sans doute, vous ne m'attendiez pas ici; mais je n'ai point trouvé le baron de Forlis, et je suis arrivé ce malin. [Avec intnition.) On i)eut bien quelquefois arriver avant vous.
BEAUCLAIR. C'cst cc quî m'a surpris d'abord ; mais j'espère que Monsieur ne me retrouvera plus en faute. [Bas, à Senneville.) Je vous remercie; mais je ne me tiens i)as pour battu.
d'estival. C'est bon... Je me charge d'arranger cette affaire. Ce gare m-là me revient as,^ez. Il a de la tournure. Y a-t-il longtemps qu'il est à ton service?
SENNEVILLE. Nou, il vicnt d'y (Utrcr, et je ne serais pas fâché qu'dy restât. Il se connaît parfaitement en chevaux. 11 en donnerait à garder au plus habile. Du reste, adroit, intelligent; et je vous prie de le traiter avec quelques égards. Il n'a pas toujours été valet.
BEAUCLAIR. Ah ! mon Dieu, non! je me suis trouvé domestique sans m'en douter.
d'estival. Par quel hasard?
BEAUCLAIR. H y a tant de valets qui deviennent maîtres sans savoir comment..
SENNEviLLE. Aussi je mets tous mes soins à lui faire oublier qu'il n'est pas à sa place.
d'estiv.vl. Bien, mon gendre.
LISE. Comme il est bon avec ses domestiques! C'est qu'eu effet ce pauvre garçon a une physionomie tout à fait intéressante».
BEAUCLAIR. Mademoi-Sclle est bien bonne.
d'estival, d Senneville. Allons, allons, donne la main à ma tille; allons faire untour de jardin enattendant ledéjeuner. BEAUCLAïK. Eu effet, la route m'a donné un appétit assez vif, d'estival. Eh bien ! mon gai'çon, ne te gène pas, passe à l'office. [Ils sortent.)
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LE VALET DE SON RIVAL