M. GODARD, LE COMTE DE HOLDEN
LE COMTE. N'est-ce point ici M. Godard, négociant?
M. GODARD. Moi-même, Monsieur.
LE COMTE. C'est un effet de quatre mille francs, payable an porteur.
M. GODARD, à part. Ah! mon Dieu ! monsieur Vanberg, le négociant hollandais, qui m'avait promis de ne point le mettre en circulation ot d'attendre à demain. (Haut.) Monsienr, cerlaiiiement vous serez payé, j'ai les fonds, mais dans ce moment cela me gênerait beaucou[), et si vous pouviez attendre sculom nt à demain matin.
LE co.MTE. C'est avec un grand plaisir que j'accéderais à votre demande; mais je suis obligé de partir dans doux heures pour la Belgique, et cet ai'gcnt m'est nécessaire p^ur mon voyage.
.M. GODARD, à part, dansle. plus grand embarras. Comment faire, et à qui s'adresser? Les négociants mes confrères, il ne faut pas y penser. Eh parbleu I j'ai là le parrain de mon fils; en le tenant sur les fonts baptismaux il contracte l'obligation de le défendre, de ie protéger; c'est- un second père, et mes intérêts deviennent les siens. {Au comte.) Monsieur, donnez-vous la peine de vous asseoir! (.1 part.) 11 est riche, il est à son aise, et quand je le prierai de m'avancer celte somme-là pour quelques heures, il ne peut pas me refuser sans manquer à la delicates.'-e, après tout ce que nous faisons pour lui. [Au comte.) Je suis à vous, et avant un quart d'heure vous aurez votre argent, (// sort.)