‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 545 sur 783 · io · texte numérisé non relu

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MAKTiN. Ce jour où vous n'aviez pas d'argent.

MADAME PHILIBERT. Qu'cstcc quo ccla Signifie?

MARTIN. A ce que m'a dit M. Raoul, car je ne suis entré que d'hier chez lui, c'est en qualité de nouveau venu que l'on me fait faire les courses, et j'ose dire que celle-ci est bonne.

PHILIBERT, à part. Ah! mon Dieu! je crois que je devine, est-ce que Victor... {Haut.) Oui, Raoul, traiteur à la barrière de l'Etoile. (.4 sa femme.) Imaginotoi qu'avant-hier j'avais été jus|ue là en me promenant, et que j'étais partisans prendre ma bourse.

MADAME PHILIBERT. Mais, avant-hlcr vous êtes sorti pour dîner en ville.

PHu.iPERT. Oui, je te l'avais dit; mais la vérité est que je n'étais pas fâché d'aller faire un petit dîner hors barrière jjour gagner de l'appétit.

CHOPARD. Tu ne m'avais pas dit cela !

PHILIBERT. D'ailleurs, à cet endroit-là c'est bien meilleur marché que dans Paris. {A Martin.) Vous avez là votre carte?

MARTIN. Oui, Monsieur, deux cent vingt-cinq francs, sans compter le garçon.

MADAME PHILIBERT. Dcux ccut vingt-cinq francs !

PHILIBERT. Il se trompe, il veut dire vingt-cinq francs; n'est-ce pas, mon cher?

MARTIN, comprenant. Oui, oui. Monsieur. (A part.) Ah, mon Dieu! c'est la bourgeoise!

PHILIBERT. Et encore, vingt-cinq francs ! .V'tW ^ens bien qu'il y a à rabattre. ' ' - "'i

MADAME PHILIBERT. Aussi je m'cii charge, doinrieii-fnoi ce mémoire? ' '

PHILIBERT, l'en empêchant. Cela die'te^arflë.''

M\DAME PHILIBERT. Comment, Monsieiir^' Vddà 'iî'e voulez pas?

PHILIBERT. Non, Madame; il n'y a'doric' pas moyen de vous faire des surprises! Enfiii^ si j'ai tWine là des huîtres excellentes^ et si j'ai voulu aujourd'hui à dîner vous faire cadeau d'une cloycre..V ', '

MADAME PHILIBERT. Commcut, c'cst poùi" c'élà?" "'

CHOPARD. Au fait, vous ne pouvez vous y'6p'p6'èér.

PHILIBERT. Sans doute. L'amour conjugal ne vit que de ces petites attentions-là; ainsi, mon cher ChopaTd, emmenez ma femme. {A Marguerite.) !\ïarguerite,

laissez-nous. ...,,j i i ,.i ,.,,,' ï/."^

MARGUERITE, à pojfL îl j a qùelqùë chô'se la^d'éssous.

CHOPARD. Oui, cher ami, et j'irai après faire un tour de boulevard pour gagner de l'appétit.

PHILIBERT. A merveille, et vous me direz si les huîtres d'autrefois valaient celles d'aujourd'hui.

CHOPARD. En fait d'huîtres, le passé ne vaut jamais le présent; c'est la seule chose qui n'ait pas dégénéré. {Il présente la main à madame Philibert, et ils sortent ensemble ; Marguerite les suit.)

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