‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 58 sur 783 · SCÈNE IL RAYMOND, CÉCILE, LUCIEN · texte numérisé non relu

SCÈNE IL RAYMOND, CÉCILE, LUCIEN

CÉCILE, courant à Raymond. Ah! Moiisieur, nous vous attendions avec tant d'impatience... et voire retard nous avait bien inquiétés... il ne vous est rien arrivé?

RAYMOND. Rien, ma chère enfant, que la contrariété de ne pas te voir plus tôt.

CÉCILE. Quel dommage que vous n'ayez pas pu ê!re de notre promenade en mer!..

RAYMOND. C'est égal... je n'étais pas absent pour vous... je le sais... je sais que tu m'as défendu...

CÉCILE. Vous n'en aviez pas besoin.

RAYMOND. Si vraiment... mes défenseurs sont trop rares pour que je ne les compte pas avec reconnaissance !.. comment se porte madame de Savenay, ta noble cousine?..

CÉCILE. Beaucoup mieux... depuis deux heures seulement qu'elle est à Dieppe... elle prie M. Lucien de vouloir bien passer dans son appartement pour une grave conférence, ditelle, où je ne dois pas assister...

RAYMOND. C'est juste... les affaires d'intérêt regardent les grands parents... et les tuteurs... [Prenant sur ta table les papiers qu'il y a posés à la première scène.) J'ai là un |)rojet de contrat à vous soumettre. {A Lucien.) Examinez-le en m'attendant, et puis faites-moi le plaisir de placer fous ces papiers dans la chambre que vous [ue destinez. [Cécile ramasse un papier qui était en dessous et qui tombe ; elle le lui présente.) Qu'est-ce que c'est que ça?..

CECILE. C'était là, sur celte table, avec vos papiers...

RAYMOND, lisant. « Monsieur le ministre... la recette de « Dieppe est vacante p^ir décès du titulaire... et jose me « mettre sur les rangs. . .» [S'arrêtant et reploijant le papier. ) Au diable les pétitions... à peine arrivé, elles m'assaillent déjà... et je vous dominde comment on a pu me glisser celleci... à moins que ce ne soit au moment où je descendais de voiture... [La mettant au milieu des papiers que tient Lucien ) Nous avons le temps de lire, rien ne presse.

LUCIEN. Il faudrait voir cependant...

RAYMOND. C'est tout VU... c'cst uu intrigant... auquel je ne répondrai même pas.

LUCIEN. C'est quelqu'un de cette ville... quelqu'un peutêtre d'influent... et c'est un nouvel ennemi que tu vas te faire...

RAYMOND. Ça m'est égal !

LUCIEN. On en a toujours assez.

RAYMOND. Peu m'importe!

LUCIEN, .^'adressant a Cécile. Je vuns demande. Mademoiselle, quel est le plus raisonnable? je m'en lapporle à vous.

RAYMOND. Et moi aussi... prononce !.. qui de nous deux a tort?

CÉCILE, timidement. Eli ! mais... tous les deux peut être. . [Vivement.) Pardon... mais il me semble, à moi, qui ne m'y connais guère, [-Montrant Lucien ) que si l'un craignait un peu moins les discours du monde... si l'autre les redout tit un peu plus. .

RAYMosD, riant. Bravo! nous tomberions dans le juste milieu.

CÉCILE. Non, mais vous seriez tous deux, peut être, bien près de la perfection.

RAYMOND, la regardant d'un air çjnlant et rieur. Nous y sommes dans ce moment.

CÉCILE. Ah ! Monsieur se moque de moi! ce n'est pîs bien.

R.w.MOND, à Lucien. N'ai-je pas dit vrai?., et pour t'en rapprocher le plus tôt possible... va parler affaires... je vous rejoins dans l'instant. [Lucien sort pm- la porte à droite.)

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