‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 586 sur 783 · SCÈNE XVIL ERNEST, FLITET, DROLICHON, en robe de médecin · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIL ERNEST, FLITET, DROLICHON, en robe de médecin

FUTET, arrêtant Ernest. Non |)as ; halle-là. (Bas.) Allons, Drolichon,à votre rôle, mon ami.

ERNKST, se dèijatjeant et voulant s'échapper. Qu'est-ce que cela veut-dire?

DRoi.iciioN, f arrêtant de l'autre côté. Vousn'iivz pas plus Ktin.

FUTET. D'après les inquiétu<les qu'on a conçues pour votre sauté, votre beau-père et voire nouvelle f.iniille nous (îiivoient vers vous.

DROi.ieiiON. Vous nous êtes reeommai)(l('.

FUTET. Et vous ne sortirez de nos mains cpie radicalement gmri.

L'ROLrctiON. Radicjlcmciit guéri.

ERNEST, à part. Ah! j'y suis. Les médecins... C'est ça, la scène obligée. Sans doute les apothicaires ne sont pas loin. Allons, je n'éviterai pas la promenade.

FUTET. Voilà un pouls qui n'est pas bon.

DROLICHON. Voilà uu pouls qui n'est pas bon.

ERNEST. Je crois déjà les entendre, et je vois d'ici TarniH fatale ! Morbli-ii !

DRoi.icnoN. Cet homme n'est pas bien.

ERNEST. Non, c'est vrai. {Apart.) Quelle idée! {Haut.) Ça commence même à m'inquiéter, et je ne serai fias fâché de vous consulter, car la fatigue du voyage... 11 y a pourtant déjà huit jours. (Faisant la grimace.) Ahi!.. Mais ils disent comme ça (jue le neuvième... Ahi !

FUTET. Eh bien ! qu'est-ce qu'il y a donc ?

ERNEST, faisant la ijrimace. Maudit animal !

DROLICHON. Comment?

ERNEST. Non, ce n'est pas à vous que j'en veus : c'est à un petit chien, pas plus haut que cela, qui, il y a quelques jours, s'attacha à mes jambes, et me mordit avec une affection toute particulière.

FUTET ET DROLICHON. Un chien!

ERNEST. Je sais bien qu'ils voulaient lous me faire accroiie qu'il était enragé. Ah bien! oui, pas si bète.

FUTET, reculant. Enragé!

ERNEST, le ritenant. Vous sentez bien que ça n'est pas vrai; mais vous allez toujours me faire une petite ordonnance de précaution.

FUTET ET DROLICHON. Ah, mon Dieu !

ERNEST, les retenant. Oh! vous ne me quitterez pas; et je veux que vous me vojiez, parce que depuis (juolquc temps j'éprouve de moments à autres certaines émotions : mes yeux s'enflamment, mes nerfs se contractent. Eh bien! quVst-ce que je sens donc? (// fait plusieurs contorsions.) Je crois que cela me prend.

FUTET. Grauf'. Dieu !

DROLICHON. Nous somiiics perdus! (Ernest marche d'un air furieux.)

FiTET, appelant. Au secours 1 à moi, Messieurs! il est enragé.

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