KLAREMBERG ET LES OFFICIERS
Dans leurs veines bouillonne Une jalouse ardeur!
Le devoir nous ordonne De calmer leur fureur!
Oui, la cause en est belle; Pourtant il ne faut pas Que deux rivaux pour elle Arment ainsi leur bras!
ZIZIANOW, à Constantin.
Ainsi, preux chevalier, lui vouant votre bras, Vous défendez ici même jusqu'à sa taille'
CONSTANTIN
Halte-là, colonel! Je consens qu'on me raille... Mais elle!., je l'ai dit, je ne le permets pas! ZIZIANOW, avec ironie, et s'adressant à ses officiers. C'est fier!., mais je comprends d'où vient ce ton acerbe? La dame a peu d'attraits, mais la dot est superbe !.. Par ce feint dévoùment il voudrait l'abuser. Et puis .s'en faire aimer!
CONSTANTIN, cherchant à retenir sa colère. Monsieur!..
ZIZIANOW.
Et l'épouser!
Je veux dire la dot !
CONSTANTIN, s'élançouit vers lui l'épée à la main. Ah! li\che et misérable!..
TOUS LES OFFICIERS, sc jetant entre lui et Zizianotc, et à
voix basse, à Constantin, qu'ils désarment. Lever le fer sur lui, c'est vous rendre coupable! Car il est colonel .. et sur son seul rapport, La mort vous attend!
CONSTANTIN, ovcc rago.
Soit!., la mort!
CONSTANTIN
Dans mes veines bouillonne Une juste fureur!
J"ai ilii, tout me l'ordonne.
Défendre mon honn ur!
Oui, ma cause est s: liell.' Qu.^ je n'hésite pas:
CONSTASTIS, 8'c/ar.fant mr lui l'cpce à la main. Ah! lâche el misérable. — Acte 1er, scène 12.
Et je suis prêt pour elie A braver le trépas.
ZIZIANOW.
Dans mes veines bouillonne
Une juste fureur!
Je dois, tout me l'ordonne,
Sévir avec rigueur!
Il a, soldat rebelle.
Sur moi levé le bras!
Audace criminelle
Que punit le trépas!
KLAREMBERG ET LE CHOECH.
Dans leurs veines bouillonne
Une haineuse ardeur!
Il faut, tout nous l'ordonne,
{Montrant Zizianow.)
Désarmer sa fureur!
Il a, soldat rebelle.
Sur lui levé le bras!
La consigne cruelle
Ordonne son trépas !
(Pendant ce dernier ensemble, quelques soldats et les musiciens du régiment sont entrés. Les soldats se sont rangés au fond devant la cheminée, et la musique à droite devant les fenêtres.)
ZIZIANOW, aux soldats, leur montrant Constantin. Aux mines de Polowsk qu'on l'entraîne à l'instant ! L'empereur dictera plus tard son châtiment! [Constantin sort par la porte du fond, à droite, emmené par les soldats.)