‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 63 sur 783 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

HERMlME, à l'extrême gauche; LE VICOMTE DE S.MNT- ANDRÉ, entrant sur ces derniers mots ; DE GUIBERT, au milieu du théâtre; CÉCILE, MADAME DE SAVENAY,

aUants'ass"oir à droite ;L\JCIE'S , appuyé, sur leur fauleud ; RAYMOND, allant causer avec elles; Haigneurs et Baigneuses, qui entrent dans le salon , s'asseyent sur des canapés, se placent à des tables que l'on dresse , ou à la table ronde, et lisent des journaux ou des brochures : des Dames s'approchent du piano qui est ouvert , d'autres travaillent , pendant que BELLEAU va et vient, et offre des rafraîchissements à tout le monde. '

LE VICO.UTE, à de Guibert. De la musique... c'est ce qu'on dit, et nous allons rire.

DE GLiUîERT. Et uw feuiine qui a promis de chanter.

LE VICOMTE, à Herminie, en s'incUnant. Alors nous ne rir.>ns plus, nous admiivrons... el j'en ai grand besoin... je m'ennuie déjà ici.

DE cA:\wAXï,souriaid. Elles plaisirs... el les amours?..

LE VICOMTE. Bah! c'est toujours la même chose... et il me prend souvent l'envie de me lancer dans le sérieux et dans lulile, pour m'amuser.

DE criiiEivr. Prenez garde^ vous devenez philosophe!..

LE vicoM lE, levant 1rs yeux et apercevant Raymond, adroite, en face delui. — A part. M )nsi.nirR:iynu>nd !.. (// s'approche et le salue.)

liw.MoNi), lui rendant son salut. N'est-ce pas monsieur le vicomte de Saint-André?..

LE VICOMTE. .Mtaclié aux affaires étrangères.

RAYMOND. Que j'ai eu l'honneur de reiiconlrcr quelquefois. {Souriant.) Non pas à son ministère...

i.K VICOMTE, de même. C'est vrai... ce n'esl pas là qu'on m ' trouve... mais on revanche, là, comme ailleurs, on a dû vous dire beaucoup de mal de moi... et cela sans doute m'a fait du tort dans volruespril...

i\\\\\osi^, froidement. C'-lam'a prévenu en votre faveur, et m'a l'ail penser (pi'il n'ét.iil pas impossible que vous eussiez du mérite.

LE VICOMTE, étonné. Monsieur...

LA CALOMNIE

iiAYMONO. Suis cela, comment explinuer rct arharnement ooiiln; un jeune étourdi, (}ni n'a encore emiiloyé son temps qu'à taire des folies et des dettes... A votre âge, on n'a que des camarades... on n'a pas encore l'honnenr d'avoir des ennemis. . Courage, jeune lioaime, c'est bon signe, cela promet!., mais ça ne suffit pas... il faut justifier cette haine.

LE VICOMTE. Ah ! que l'on m'en offre les occasions.

RAYMOND. Eh bien! nous verrons; et pour commencer, il faut vous éloigner de Paris... nous trouverons moyen de vous employer.

LE VICOMTE. Je suis prêt à partir, et suis à vos ordres, monsieur le ministre.

TOUS LES BAiGNELKS, à demi-voix. Le ministre... [Ilscausent entre eux et regardent Raymond, qui retourne s'asseoir près de Cécile et de madame de Savenay, et cause aoec elles : pendant ce temps, entre Coque net, qui s'approche de M. et madame de Guibert.)

Page 1