LE BANQUIER
Le trois de pique gagne !
/:iziANOw et ROSKAW, chacun à part, et poussant l'un vn cri de joie, l'autre un cri de rage.
Ah! j'en étais certain!
CHŒUR
Plaisir des dicu\, joyeux délire.
Dont je ressens le doux transport!
Etc.
ENSEMBLE
ZIZIANOW.
0 talisman fidèle !
Ton pouvoir est donc vrai?
Ta puissance est réelle, Car j'en ai fait l'essai!
BOSKAW.
Talisman infidèle.
Objet de mes regrets !
Cette .somme si belle.
C'est moi qui la çragnais!
CHŒUR
0 fortune infidèle, 0 toi que j'invoquais !
Une iaveur si belle Elit comblé mes souhaits!
ZIZIANOW, s'adressant au banquier et l'empêchant de continuer.
Avant toutj (laycz-moi mes cent mille ducals.
{A part.) En attendant la .'uite.
{Pendant que le banquier est occupé à payer Zizianow, entre, par une des portes de la droite, Constantin avec agitation.)
CONSTANTIN, à lui-mème.
Que m'importent mes jours, puisqu'elle m'est ravie! ROSKAW, debout à gauche près du fauteuil où Constantin
est assis.
{.ipart.) Et ne pouvoir jouer ! (//au/.) je donnerais ma vie Pour ([uelqucs i)ièccs d'oi, objet de tous mes \œux!
CONSTANTIN, levant la tète, et à part.
Ah! qu'avant tic mourir, je fasse un seul heureux!
{Donnant sa bourse à Roskaw.) Tiens donc...
ROSKAW, à gauche, ouvrant la bourse et comptant aussi.
De l'or! i^rand Dieu! de l'or!
{Constantin traverse le théâtre et s'approche de Zi-
ziatiow qui est à droite près de ta table.)
CONSTANTIN, à voix basse, â Zizianou:.
J'aurai vos jours, Monsieur! ou vous... les miens!
ZIZIANOW, de même.
D'accord !
Vous savez à quel prix je me bats !
CONSTANTIN, de même.
Peu m'importe î {Avec rage.) Je jouerai!., je jouerai!., contre vous... et toujours!
ZIZIANOW.
Très-bien!
{Lui montrant son jeu.) J'ai pris le dix et la dame de pique... Sur ces deux cartes-la, pour les deu\ derniers tours, J'ai mis, vous le voyez, un enjeu magnifique!.. Pour elles, je parie !
CONSTANTIN
Et moi contre !
ZIZIANOW.
Combien '
CONSTANTIN
Cent mille roubles !.. tout mon bien!
ZIZIANOW.
Cent mille roubles... je les tii-n!
ROSK.uv, qui s'est approché de la table pour y mettre son or, et qui a entendu leur marché, dit vivement à Constantin.
Une somme pareille!., ô ciel! que ialtes-vous? Apprenez qu'il possède un sort cabalistique!
CONSTANTIN, haussant les épaules.
Allons donc !
ROSKAW.
Qui le fait gagner à tous les coups!
CONSTANTIN, de même.
Allons donc ! allons donc !
ROSKAW.
C'est immanquable... car Il a déjà gagné le premier !
CONSTANTIN, de même.
Par liasard!