SCENE IV
Les PRECEDENTS, l'N nOMESTlQl E, puis MaXENCE ET ALBEKT.
i.E DOMESTiQLE, annonçant. Monsieur le vicomte de La Koche-Birnard.
DESGALDETS. Qu'il .soil le bieuveiui !
LE DO.MESTiQLt, Et mousieur le capitaine .\lbert d'.\ngremont,
CORINNE, à part. La passion d'Antonia... [Haut.) Quelle rencontre !..
DESGALDETS. Tu IC COlUiaiS?
CORINNE. Non. mais je suis enchantée de le voir.
DESGALDETS. Et moi aussi!.. [Lui montrant Albert qui parait en ce moment avec ytaxence.) Commeiit le trouves-tu ?
CORINNE. Très-bien !..
DESGALDETS. Taiit iiùeux !
CORINNE, à part. Très-bien... pour un Africain!., ce
LE PUFF
sera pour mes Mémoires une page originale. Un portraii. chaud et coloré où Ton sentira le soleil d'Afrique! {Pemlant ce iemps, Maxence et Albert, qui sont descendus au bord du théâtre, saluent Desgaudets et , a fille.)
Ai.BKRT. Je n'ai pas perdu de temps, Monsieur, pour profiter de la pLrniisvion que vous m'aviez donnée... et venant pour mou plaisir, j'ai rencontré mon ami Maxence !
MAXENCE. Qui venait pour affaires. Vous savez, Monsieur, que le comte deMario-uan,nioi, et plusieurs riches capitalistes, nous sollicitons une nouvelle ligne de chemin de fer, etdans le cas où nous l'obtiendrions, nous voulons vous prier d'accepter la présidence du conseil d'administration.
DESGAUDETS. Il faudrait pour cela être actionnai le, et je ne le suis pas!
MAXENCE. Eh bien! jetez là-dedans, comme moi, quatre ou cinq cent mille francs! c'est facile!
DESG.UDETs. Parlez pour vous, monsieur le vicomte, dont la fortune est brdlante et assurée... mais moi, c'est différent!
MAXENCE. Allons donc!.. vous qui êtes trois ou quatre fois millionnaire!
DESGAUDETS. C'cst cc qui VOUS trouipc ! .. je suis bien loin... mais très-loin d'être aussi riche (|u'on le croit.
MAXENCE, bas, à Albert. Le vieil avare !
DESGAUDETS. Et chacuUjjc VOUS le jure, s'abuse à ce sujet... vous tout le premier!
MAXENCE. Vous voulez rire! mais nous tenons tellement à vous avoir à la tète du conseil d'administration, que je viens, au nom de nos actionnaires et au mien, vous prier de vouloir bien accepter, en cas de succès, une promesse de cinquante aclions gratuites et rémunératoires, comme on dit! [Voyant Desyaudets qui veut parler.) Je compte tellement sui' vous, que j'ai presque prorais votre consentement.
DESGAUDETS, J'aurais mauvaise grâce à vous faire manquer à votre parole, et dès que vous le voulez tous...
MAXENCE. A la bonne heure!., j'ai là les coupons! je n'ai qu'à les signer... Pendant ce temps, mon ami Albert... aurait, je crois, à vou-, parler.
DESGAi'DETS, riant. Et moi aussi. (Bas, a Corinne.. Laisse-nous.
CORINNE. Pourquoi cela?
DESGAUDETS. Je te le dirai plus tard. Laisse-nous!
CORINNE. C'est singulier!
MAXENCE. Veuillez en même temps. Mademoiselle, dire à ma sœur Antonia que je l'attends.
CORINNE. Oui, Monsieur... (.-1 part.) Je vais la prévenir que le jeune capitaine e.st ici... Surpri.se... reconnaissance...
DESGAUDETS, ayfc impatience. Eh bien! Corinne...
CORINNE. Je m'en vais, mon père, je m'en vais... [Elle sort.)