SCÈNE III
LE COMTE, DESGALDETS.
i,E COMTE, à part , regardant Dcsgaudets en riarU. Je devine son emliari'as et le but de l'entretien qu'il me demande... Le voilà obligé de mavouer sa l'use... [D'un ton grave.) Et j'ai ma scène d'indignation... elle est faite !
DESGAUDETS, s'approcliant du condc après un instant de silence. Vous pensez bien, monsieur le comte, que dans celte triste circonstance, nous avons des arrargements préliminaires et indispensables à prendre ensemble. M. Maxence de La Roche-Binnard ne vi( ndra pas dîner.
LE COMTE, faisant signe à Desgaudets de s'asseoir sur le canapé à droite et s'y plaçant a côté de lui. En vérité!
DESGALDETS. Ce qu'il a de mieux à l'aire... esi de (juilter Paris à l'inftant... et de s'éloigner...
LE co.MTE, souriant. Pour.|uoi donc?.. A c.inse de ses créanciers ou de ses pei'tes à l.t Bourse., il sait depuis longtemps ce ([ue c'est...
DESGAUDETS. Oui, saiis doulc... perdre ce ([u'ona... passe encore... Mais la fortune d'une sœur... d'une sœur qui vous aime...
LE co.MTE, à part. Est-ce qu'il va recommencer, et continuer la plaisanterie...
DESGAUDETS. Euflu, u'cu parloHS plus!
LE COMTE. Franchement, c'est ce que nous avon^ de mieux à faire.
DESGAUDETS. Commc vous dites! et abiM'dons le sujet. Vous comprenez qu'il ne peut plus coiiserver la tutelle après avoir compromis et dissipt' les deniers de sa pupille.
LE COMTE, a part. Encore...
DESGAUDETS. il v aurait même lieu a le poursuivre... .Mais Antonia veut ([u'on lui donne (luitlance de tout.
LE COMTE, flWf impatience, l'^h! Monsieur...
DEScJAiDETs. Qu'avez-vous donc?
LE coMTii, se modérant. Rien!
DESGAUDETS. C'i'st à uioi, aloi's... à moi, son subioge tuteur, à m'»».ntendre avec vous à et- sujet... conmie aussi, et vu l'absence du frère... à vous rendre .ses comptes de tutelle. J'ai pris chez son notaire... tous les papiers... y relatifs que vous examinerez à lui.->ir.
LE COMTE, essayant de sourire. Très-bien... trèsbien... monsieur Desgaudets... mais parlons sérieusement.
i)es(;audets. 11 me serait diftieile d'\ mettre plus de sérieux! vous le verrez parles pièces à l'appui où lout se trouve... (Liii remettant les papiers.) Sauf les six cent mille francs... provenant de la vente do Jumièges...
L1-: COMTE. Hein... que diUs-vous?
DEsGAUDErs. .Mais iN sont represrntés par le reçu ae .Maxence de Lii Roclu -Bernard... le tuirui'.
LE c iMTE, parcourant les papiers. Est-il pos.>ible!..
DESGAUDETS. Et l'acquit du Tré>or conslatant b- versement... à la Caisse des consignations...
LE COMTE, parcourant toujours les papiers. 0 ciell.. mais celte signature...
DESGAUDETS. De ladite .stumie de six ciiil mille francs.
LE COMTE, pous.mnt un cri et treniblant de raye. Connnent?.. .\h çà... c"(>t donc vrai?..
DESGAUDETS, vicemeut. Lndoutiez-vous, parhasard?
LE co>rrE, se ) éprenant cii raient. Moi! noo, Monsieur... non! je n'en ai jamais douté...
DESGAUDETS. Eli bien! alors, (|ui peut vous surprendre ?
LE coMi E, feuilletant les papiers, dans le plus grand trouble. Mais ce frère .. ce tuteur... ces papiers... plus je vois... plus j'examine...
DESGAUDETS. Et |>lus VOUS vuii- iiidigncz!
LE COMTE, regardant lu quittance et poussant un seriind cri. Six cent mille Iraiiol.. savez-vous. Monsieur, que c'est une horreir...
DESGAUDETS. Et qui (Ml doute?., uous sommcs tous de votre avis... malheureusement c'est la vérité...
LE COMTE, à part, avec agitation. La vérité... et j'ai pu m'y laisser prendre... c'est une ruse... c'est un piège infâme!..
DESGAUDETS. Vcxaminaut. Qu'avez-vous donc?
LE COMTE, regardant Desgaudets, et cherchant à se remeltre. .Moi! rien... lien... .Monsieur... mais vous concevez, {Montrant les papiers.) le trouble... le saisisseniint... et coiiime vous disiez si bien... l'indignation d'un honnête hunime!
DESGAUDETS, u part et secouant la télé en le regardant. Je suis |>our ce que .j'eii ai è\\. C'est un puff inexplicable, mais c'en est un!..