JENNY, PAULINE, LÉON
JENNY, sautant en Vair et frappant des mains. Ah! comme il court! comme il court! Combien je suis contente...
i.ÉON, mettant la clé dans la serrure. Adolphe!.. Adolphe!., vous pouvez sortir.
ADOLPHE. Muii ami, ma chère Pauline...
JENNY, à part. Ah ! que ma sœur est heureuse ! Mais voyez seulement s'ils s'occujjent de moi !
ADOLPHE. Mon cher Léon, que je te dois de remerchnents, et à vous surtout, Mademoiselle.
JENNY, d'un ton piqué. Du tout. Monsieur, vous ne m'en devez pas, adressez-les à ma sœur; c'est pour elle seule ce que j'en ai fait... Je ne rends service qu'aux gens qui ont confiance en moi, et qui ne me traitent point comme un enfant.
PAULINE, d'un ton de reproche. .lenny, y penses-tu?
JENNY. Ah! pardon; si lu savais quelles idées j'ai eues un instant, des idées que je ne puis m'expliquer, mais qui faisaient que j'étais presque fâchée de ce que tu étais contente. Mais vous avez raison, je ne suis qu'un enfant, à qui il faut pardonner bien des choses : (.1 Adolphe.) n'est-ce pas,. mon beau-frère?
ADOLPHE. Oui, oui, uia jolie petite sœur, je pardonne, et de grand cœur.
PAULINE. Et vite... On vient de ce côté.
.lENNY. Sortez par l'appartement de ma sœur, qui donne sur le jardin; vous, Léon, aidez-le à se sauver.
LÉON. Et toi?
JENNY. Et moi, et moi, je reste ; il faut bien empêcher ce contrat; il faut bien apprendre à mon père que vous voulez en épouser un autre.
PAULINE. Oh! d'abord, je n'oserai jamais le lui dire et braver sa colère.
JENNY. Eh bien! c'est moi qui m'en chargerai; qu'est-ce que je risque? d'être mise en pénitence... et je veux bien encore me dévouer pour vous. Allez. [Pauline, Léon et Adolphe sortent par la porte à droite.) Ah ! mon Dieu ! c'est ce pauvre notaire que j'ai fait arrêter.