SCENE XVIIL Les précédents, ADOLPHE, PAULINE, LÉON
ADOLPHE. Lui-même, qui n'a pu échapper à son sort; mais qui, avant de retourner en prison, vient former opposition au mariage.
KERKAVEL. Je com|irends cnfui . [Montrant Adolphe.) C'est Monsieur qui est à la fois le prisonnier et l'amant préféré.
M. DE ROSTANGES ET LE BARON. Comment, Tamaut préféré?
KERKAVEL. Eh! parblcu, il n'y a pas de quoi se fâcher, et je vous en félicite au contraire. Savez-vous, mon ami, que ce jeune homme a fait un chemin superbe, qu'il n'a plus que quinze jours à passer en prison, et qu'après cela il sera fait contre-amiral?
TOLS. Contre-amiral?
KERKAVEL. Eh oui ! sans doute; c'est ainsi que l'a décidé le mmistre; trois mois d'arrêts pour punir son
insubordination, et le grade de contre-amiral pour récompenser son mérite.
JENNY. Mon beau-ftèvo, contre-amiral!
LÉON, à Adolphe. Dites donc, vous me ferez enseigne, n'est-ce pas? vous savez que je manœuvre joliment.
LE BARON. Connnent! mille bombes! il serait vrai ?
KERKAVEL. Oui, mou çhcr : comprenez-vous enfin?
LE BARON. A merveille, excepté que c'est moi qui ai le grade, et que c'est mon neveu qui a eu les arrêts.
KERKAVEL. Comment! il serait possible!..
ADOLPHE. Quoi, mon oncle; c'est pour vous que j'ai été ari'êté?
LE BARON. Oui, mou Adolphe, oui, mon pauvre garçon, tu as pris ma place en jirison, [Regardant Pauline.) 11 est vrai que tu l'avais déjà prise aulre part, ce qui établit une sorte de compensation, mais ce qui n'empêche pas que je ne sois ton débiteur,
GLiCHARD, se levaut^ le papier à la main. Messieurs, tout est fini, et je d;s : ce n'est pas sans peine.
JENNY. Vous aviez raison, monsieur Guichard; voilà un contrat qui ne se fera pas d'aujourd'hui, car il faut le reconnnencer,
GiJicH.ARD, Comment! le recommencer?
JENNY. Eh oui; demandez plutôt. N'est-ce pas, mon papa, que vous voulez bien que M. Guichard en fasse un autre?
LE BARON, prenant la main de Rostanges. Eh ! sans doute, il le faut bien, à condition qu'il y joindra une belle et bonne donation de cinquante mille écus à mon neveu et à ma nièce.
JENNY, à Pauline et à Adolphe. Qu'est-ce que je vous avais promis?
ADOLPHE. Ah! mon oncle!
LE BARON. Je te dois ça, mon ami, c'est le prix de ma rançon; mais mon trimestre n'est pas acfpiitté^ j'ai encore quinze jours de prison.
LAGUÉRITE, OU haron. Si Monsieur voulait, je les lui ferais au même prix.
LE BARON. Non, non, il est des circonstances où il faut enfin payer de sa personne ; je vous suis, mon cher major; mais j'espère que vous viendrez me voir en prison; que nous ferons des piquets.
KERKAVEL. Jc VOUS Ic prouiels, uiousieur l'amiral.
LE BARON, Quant à toi, Jcnny, qui nous as fait enrager aujourd'hui, prends garde, il se pourra bien que dans cinq ou six ans je me venge sur toi.
ADOLPHE. Je ne vous conseille pas, mon oncle; voilà Léon qui pourrait encore prendre votre place.
VAUDEVILLE
Air : La ville est bien, l'air est très-pur (du CoLONti.'.
JENNY-, à HT. de Rostanjes.
Enfin, tout le monde est content.
Je vois heureux tout ce que j'aitue, Pourtant, je ne suis qu'un enfant ; Tantôt vous le disiez vous-même.
Ah! combien je suis fière aussi. Grâce à ma petite équipée, De vous avoir fait aujourd'hui Jouer encore à la poupée.