TOUS LES GENS DU PEUPLE
Impie!
BOiS-ROSÉ ET LES HUGUENOTS, se levant.
Il a raison,
ENSEMBLE
► CHCEUR DE JEUNES FIIXES.
Vierge Mario, Soyez bénie !
Votre voix (irie Pour les pérJuurs.
Reine de giAce, ^ Par vous s'efface
Jusqu'à la trace De nos douleurs!
Vierge Marie, Soyez bénie!
(Elles entrent dans la chapelle.) BOIS-ROSÉ ET LES HUGUENOTS.
En avant, braves calvinistes!
A nous les fillis des papistes, A nous ricbesses et bon vin
Et butin !
Ici tout appartient au brave, El ces vins (pi'ils irardaieiil en cave. Pour l'autel et pour ces bampiuts.
Buvons-les!
Vive la guerre!
Buvons, ami, A notre père, A Coligny!
CFKTEUR DU PEUi'l.E, rcgardnut les huguenots avec indignation.
Al»! les profanes, les im]iies!
Dont les ànies sont endiuTies!
Profanes! iinjiies!
Qu'on devrait brùlrr m plein air, En attendant les tViiv d'enfer.
{i:indi;pi(Uion des gens du peuple s'est augmentée. //.« regardent en les menaçant les soldats calcinistes qui
es qui
LES HUGUENOTS
boivent el qui rient de leur colère. En ce moment une ritournelle joyeuse se fait entendre; on voit paraître des bohémiens autour desquels chacun s'empresse. Plusieurs bohémiens portent des instruments de musique, et s^lr lnurs premiers accords les clercs de la basoche invitent les jeunes filles et dansent avec elles, tandis que d'autres bohémiens chantent.)
RONDE BOHEMIENNE.
PliEMIER COL'PLET,
Vous qui voulez savoir d'avance ' Si le destin vous sourira, Payez, payez, cl ma science A juste prix vous le dira.
De la Bohème
Enfants joyeux,
Le ciel lui-même
S'ouvre à nos yeux! .
Beautés coquettes,
Seigneurs galanlF,
Jeunes fillettes,
Jeunes amants...
Vous qui voulez savoir d'avance Si le destin vous sourira, Payez, payez, et ma scienca Ajuste prix vous le dira.
DEUXIÈME COUPLET
Honneur, richesse Et beaux bijoux.
Fraîcheur, jeunesse.
En voulez-vous?
Vous, grandes dames De ce pays.
Gentilles femmes.
Et vieux maris...
Vous qui voulez savoir d'avance, Si le destin vous sourira.
Payez, payez, et, ma science A juste prix vous le dira.
[Ballet. Danse des bohémiens, des clercs et des (jriselles. A la fin du balH, Sainl-Bris, de Nevers et Maurevert sortent de la chapelle qui est à (jauche.) DE NEVERS, ù Saint-Bvis.
Pour remplir un vœu solermel, Jusqu'à ce soir au pied du s;unt aulel Valcnline demande à rester en prière!
J'eibcis! et suivi de mes nombreux amis. Je reviendrai chercher l'épouse qui m'est chère, lN>ur la conduire eu pompe à mon logi><.
[Il sort.) SAiNT-BRis, le regardant sortir.
Ainsi par cet illustre et noble mariage Des refus de Raoul je puis hravcr l'outrage. Mais non pas l'oublier... et s'il s'otlre à mes coups... MARCEL, apercecant Saint-Bris el s'approchanl de lui. Mdu maître m'a l'eniis ce message p^ur vous.
SAiisT-iîRis , avec joie.
Raoul!., il revient donc cnlin!
MARCEL
Avec la reine.
TiMis les trois nous venons de (piittcr 1 1 Touraiiie. Nous cn'rons dans Paris.
SAl^r-L'R^s, lisant le billet.
Et j'en rends gr;\ce an ci-d!
(.1 ]f(uirccerl.) 11 m'ose délier el m'envoie un cartel.
MAUREVERT, à part, avec joie.
Vraiment!
M vucKL, avec effroi.
Oiiel mot viens-jc d'entendre?
SAINT-BRIS, à Maurevert lui montrant le billet. Aujourd'hui même, et dans le Pré-aux- Clercs, Quand les ombres du soir rendent ces lieux déserts, 11 viendra!
MAUREVERT
C'est ici tantôt qu'il doit se rendre; Un Dieu vengeur l'amène!., il n'en sortira pas!.. SAiM-BRis, à Marcel qui s'éloigne.
(Bas, à Maurevert.) Nous l'attendrons! Cachons ce cartel à mon gendre. Un jour d'hymen il ne doit pas Courir la chance de» combats.
MAUREVERT, à voix basse.
Ni vous non plus!., pour frapper un impie il est d'autres moyens que le ciel .sanctifie.
SAINT-BRIS
Que dis-tu?
MAUREVERT
[Lui montrant la chapelle.) Dieu le veut ! Venez, et devant lui Vous saurez le projet que l'on forme aujourd'hui.