SCENE III
VALENTINE, paraissant à la parle de la chapelle.
Dorrioro ce pilier, cacliée à tous les jeux, [afïreiix (,»iie vicns-jo, liélas! (rLiiteiidre... et de quel piège Sc8 jours sont meuacés!.. Ali! je dois l'y soustraire, Nou pas pour lui, mon Dieu ! mais pour riionneur d'un Et comment prévenir Raoul? [pÏM'e.
MARCEL, entrant par la gauche.
Je l'attendrai !
Je serai du combat, et s'il meurt, je mourrai.
On vient, c'est lui peut-être.
Est-ce vous, mon bon maître?
Qui va là?
VALENTINE
Juste ciel !
Oui, j'ai cru reconnaître La voix du bon Marcel.
[Appelant à demt-voix.) Marcel ! . .
MARCEL
A cette benre Qui pronoLce mon nom?.. Qui va là?
VALENTINE
Viens ici.
Halfc-là !
Le mot d'ordre! ou qu'on meure!
VALENTINE
Ah! Raoul!
Marcel.
Bien cela!
Avancez ! — Une femme!
Et voilée!.. Ah! Seigneur!
11 y va de mon âme !
VALENTINE
As tu peur!
MARCEL
Moi, Marcel!., moi, peur!
VALENTINE
Écoute-moi !.. Raoul en ces lieux va se rendre.
MARCEL
C'est vrai.
VALENTINE
Pour un duel.
MARCEL
C'est vrai... contre un damné, Pour venger son honneur... Dieu saura le détendre.
VALENTINE
Qu'il ne vienne au Cdinbat que bien accompagné.
0 ciel! de quels périls est-il cinironné? Achève !
VALENTINE
.Je ne puis, mais tu dois me comprendre; Qu'il ne vienne au combat que bien accompagné. [Marcel, effrayé, s'éloigne vivement.)
VALENTINE, Seulc.
L'ingrat d'une otrense mortelle A blessé mon cœur tidèle.
Et malgré moi, son image cruelle Règne encor dans ce cœur, objet de ses mépris.
MARCEL, rentrant et à part.
Je courais avertir mon maître et le défendre; Insensé ! j'oubliais... il n'est plus au logis! En sortant... dans ces lieux il m'a dit de l'attendre! Où le joindre?., et comment lui donner cet avis? Cherchons-le!., qu'ai-je dit?., si pendant mon absence
Contre lui d'assassins une troupe S élance. Par le fer meurtrier assailli... sans défense... En appelant Marcel à son aide... il mourra! Restons... restons plutôt! mais seul... que peut mon Mourir à ses côtés, en serviteur fidèle, [zèle?
Dieu puissant, vois mes pleurs et ma crainte mortelle. Prends pitié d'un vieillard qui toujom-s t'adora !
VALENTINE, l'apercevant et courant à lui. Tu m'as compris?
MARCEL
Un mot : — cet avis, qui le donne?
VALENTINE
Fais-en bien ton profit, Adieu, cela suffit.
MARCEL
Trahison! Quelle es-tu? parle, je te l'ordonne!
VALENTINE
Je ne le puis!
MARCEL
Je m'attache à tes pas .
D'où vient un tel avis?
VALENTINE
Tu ne le sauras pas !
lURCEL.
Qui donc es-tu? réponds! on par le ciel lui-même... VALENTINE, tremblante.
[A demi-voix.) Grands dieux !.. eh bien ! je suis une femme qui l'aime. Qui s'expose pour lui, qui veille .sur ses jours. Et qui doit désormais l'oublier pour toujours.
MARCEL, attendri.
Vraiment?
VALENTINE
Ah ! tu ne peux éprouver ni comprendre C«s tourments, ces combats, que nui mot ne sait rcmlre, Où tour à tour triomphe ou l'amour ou l'honneur!
[A part.) Pour sauver du trépas une tète si chère, Malgré moi je trahis et l'honneur et mon père! [Montrant l'église.)
Mais je viens do tout dire à Dieu même, et j'espère Mon pardon de ce Dieu qui doit lire en mon cœur. MARCEL, la regardant avec attendrissement. Ne te repeus point, noble lille.
D'un dévouement où l'honneur brille ; Ne pleure pas; Marcel, ma fille, Te bénit du fond du cœur.
Oui, pour toi, que je révère.
Je prirai ma vie entière :
El d'un vieillard la prière A toujours porté bonlieiir.
(// veut encore interroger Valentine, qui s'échappe et se réfugie dans l'église.)