‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 749 sur 783 · SCÈNE M · texte numérisé non relu

SCÈNE M

Lf.s l'RKt kof.nts ; V.XLENTINE, couverte d'an viu'le.

TOI s, la regardant.

O surprise nouvelle !

(\'alentine, elfragee à la vue de tant de moMile , desceml les marclu'S de la cha^uUe et veut .«• periire ilans la f>ule. Saint-lir,s l arrête par la main

LES HUGUENOTS

SAINT-BRIS

GVst ( 11l' tiiii mV.couse et dont l'œil a, dit-on, Pour |ii'.»U'irt'r Ramil, surpris ma truliison ! Je l'niiiniirai les traits de ce témoin (idol<'. {ValPiitine cent Uii échapper ; il la relu-nt, lui arrache

non voile et /écrie avec effroi.) Mafillc!

TOUS

Odel!

RAOïi., regardant Valentine.

Eli (luoi! jinur me sauver la vie Elle aurait de suii père affronté le courroux! Et sans in'ainier!

MARCIERITE.

Eli' n'i.iniait que vous.

vai.emine, voulant empêcher la reine de parler. Madame!., au num du ciel!

RAOUL, vivement.

Et cette perfidie Dont je fus le légioin, chez Nevers, sous mes yeux?

MARGUERITE

Elle y Venait puur rompre un hymen odieux.

RAOUL, à Valentine.

Et j'ai pu l'onlrager! Grâce pour un coupable Que raiiiiiur égarait, que le remords accable! A Saint-Bris )

Remlz-uiui tous les biens que mon cœur repoussait; HendezUi-moi ! — je Taime — et j'attends mon arrêt ! SAiM-UBis, avec joie et retenant Valentine qui veut

parler.

Tu l'aimais donc?

RAOUL

Toujours! cl de vous seul j'implore Sa main et mon pai-don.

s A iM- BRI s, de même.

Et tu l'aimes encore?

RAOUL

Sans elle tous mes jours sont voués au malheur.

SAINT-BRIS

J'aurai donc satisfait le seul voni de mon cœur! A mes genoux ton amour la réclame !

Eli bien donc aujourd'hui ijuge de ni<»n bonheur!) Et depuis ce matin... d'un autre elle est la femme. [Vcdentine s'éloujne et cache sa tcte dans ses mains. \

MARCUERITE.

Qu'ei.tend.s-je!

VALENTINE, « part.

Je me meurs!

R vOUL, que la reine cherche en vain à calmer. 0 ciiiuble de douleurs!

iOn entend une nuircho joi/euse jouée par une musique lointaine.}

SAINT-BRLS.

Mais j'entends éclater des accents d'allégresse; De l'époux triom])hant le cortège s'empresse, .\ppareil digne (nlin des Nevers, des Saint-Bris! (Au fond du théâtre parait sur la rivière une qramle chaloupe élégamment décorée et illuminée; elle porte des musiciens, des pages, des dames de la cour et tout le cortège de noces du comte de ^^evers, qui débarque en ce moment.)

RAOUL, à part.

Ab ! Comment contenir ma fureur?

DE NEVERS, desccndu de la chaloupe et suivi du cortège de noces.

.Noble dame, Vinez près d'un époux dniit l'amour vous j-éclanie.

SAINT-RRIS.

Comte, voici la nuit, emmène en to:i logis Valentine, ma fille... et la nouvelle epuusc; Elle est à toi!

MARGUERITE, boS , à liaoul.

(Calmez votre fureur jalouse, Pour son honneur. Raoul.

RAOUL

De rage je fréini>!

[Des bohémiens et bohémiennes s'approchent du comte de Xevers et de la nouvelle mariée, et, suivant l'usage du temps, lever offrent des fleurs et des gafeau.T.

— Le comte fait un signe ci un de ses pages cjui distrifjue de V or aux boh }miens . Ceux-citénioignent leur joie par des danses, puis sortent un instant , reviennent avec des flambeaux allumés, et éclairent le cortège qu'ds escortent à droite et à gauche en dansant.

— De Xevers prend la main de sa femme, et, .suivi de Sakd-Bris, de ses pages et de tous ses amis, il remonte le théâtre et conduit Valentine a la chaloupe qui les attend. Les musiciens font retentir les airs de joyeuses fanfares, tandis que sur le devant du théâtre se chante le final suivant.)

CIKTA'R DES ETUDIANTS ET DES SOLDATS PROTESTANTS, se menaçant.

Plus de paix, plus de trêve!

Que la lutte s'achève!

Il faudra par le glaive Décider notre sort !

Oui, c'est trop de démence, C'est trop de patience, Je n'ai qu'une espérance:

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