‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 769 sur 783 · C.\NTABILE · texte numérisé non relu

C.\NTABILE

.\ditu! ma gentille maîtresse.

Ai -je dit en (piittant le port; \ liv'u! je vais dans ma détresse

Chercher la rorluiic ou la moil!

Ouij je veux, j'en fais la promesse.

Pour prix de mes heureux efforts, A tes [lijds mettre mes trésors.

Oui, mon amour et mes trésors !

Voici la tiinpèti',

^'oici SCS éclats ;

La mort sur ma léte,

La mort sous mes pas!

Si la foudre gronde,

N'imporlc!.. avançons!..

Vers un autre monde.

Mes amis, voguons.

De l'or, de l'or! c'est de l'or que je veux! De l'or, de l'or! c'est l'objet de mes vœux!

Voyez ce corsaire

Qui vogue vers nous !

A ses cris de guerre»

Amis, levons -nous !

Vite à l'abordage!

Redoublons fl'eU'orts;

Courons au pillaire !

A nous leurs trésors !

Rien! rien !..(pie le sang et la mort! Moi qui révais les trésors du Poloso ! Toujours soldat!., marin !.. pas autre chose!

(Avec rage.)

Du fer! du plomb!., mais de l'or!., col or,

(Trisle:iient )

SvjuI objet de tous mes souhaits!

Jamais !.. jamais'..

Ainsi, ma gentille maîtresse.

Malgré moi je reviens au port !

Je n'ai trouvé^ dans ma détresse.

Ni la richesse, ni la mort !

Oui, je ;eviens plein de tendresse.

Plus ainoureux ! plus pauvre encor!

Mon amour est mon seul trésor!

Voilà, vola mou seul trésor!

CAVATINE

Fortune fugitive,

Toi que rien ne capli\e,

Qui t'en vas quand j'arrive,

Et semblés me braver !

Du couchant à l'aurore

Où te poursuivre encore?

Fortune que j'implore,

Où puis-je te trouver?

Parle ! à quelle nouvelle épreuve Aujourd'hui me reserves-tu?

J'ai grand' faim! . et ma bourse est veuve, Helas! de son dernier ccui

Fortune fugitive.

Toi que rien ne captive.

Qui l'en vas quand j'arrive,

El semblés me braver!

Du couchant à l'aurore

Où te poursifivre encore?

Fortune (pjc j'implore,

Où imisje te trouver?

Qu'un autre ici-bas te demande Ou la ricbeso; ou les honneurs;

LA XACAniLLA.

Moi dont l'oxlireiicc est moins eraiitlc, Je n<i vou\ Iilsois ni frnuulours!

Mais si tu veux (|ueje t'informe Dn soin ([iii nie tient occuité.

Ni' Soutire pns ()iie je m'endorme Anjourd'luii sins avoir soupe!..

Fol tune lugilive,

Que ma voi.v te cafitive;

A mes vœuv attentive,

^'iens, comble mou espoir !

Au pauvie passager accorde pour ce soir Un asile^ un repos!., c'est mon seul espoir!

(l'ciidant cet air la nuil est tenue.)

Voici la nuit!., je suis seul, j'imagine, Dans cette rue !

(Reginlanl vers une rue à droite.)

Eh ! non ! l'on vient de ce côté !

Des g^'us d'assez mauvaise mine...

Sur ma bourse s'ils ont compté.

Je les plains'.. Ecoutons!

(Pa;aissciit plusicu s lioiiimei en»e!oppêj de manfeàuï. Ils s'atancent sous ic balcon à droite, et jouent sur letlr mandoline une Xacarilla.)

scÈNt: ni.

Les pnÉctDENTs; COJÙELO, paralssanl sur le balcon. COJLELO, s'adressant aux inusic eus cl à demi-Toix.

Soyez dans cette ville Les bienvenus! Entrez! le sou[ier vous attend!

flli enlrjnt Ions dans l'Iiôtel à droile.) LAZARILLO, réié ant les derniers ihots qu'il a entendus. « Le soulier vous attend! »

Ah! si quelqu'un pouvait m'en dire aut;intl 0 rêve séduisant! espérance inutile!

Qu'un estomac à jeun réalise en dormant.

(S'é endant su;- le banc de pierre q ii est à gauche ) Dormons donc!., si je peux!

(IVmlan! qu'il se relouro'J et cliarclie sur ce banc une lo.ition commode I our dormir, entrent d'autres lio:nnies enveloppes dans des manteaux, q li préludent sur kurs ^'uilnres.)

LAZARILLO, levant la lèle.

0 surprise nouvelle!

Encor la même litournelle!

Cette Xacarilla... cette même chanson Qu'on jouait tout à l'heure, ici, sous ce balcon! CHŒUR.

L'aiglon place son aire

Près du tonnerre; Le chasseur téméraire

En vain espère Le surprendre sur terre!

Chasseur, hélas!

Tu perds tes pas !

Ah! ah! ah! ah.Lah! ah!

C'est ainsi que du biave

Toujours S'écoulent sans entrave

Les jours!

Il craint peu de ce monde

Le bruit, Et quand l'orage gronde,

Il rit :

L'aigle place sou aire Prés du tonnerre, etc.

(La porte de l'iiôtt! s'ouvre et ils entrent.) L.ÂZ.ARILLO, s'avançint doucement.-

D'honneur, l'aventure est unique !

Quelle est cette Xacarilla?

Quelle est cette chanson magique Que j'ai bien retenue!.. Oui, je crois, m'y voilà!

(Il fredonne d'abord, se trompe, et puis la chante couraiiimcnt.) * Tra, la, la, la, la, la, la, la.

C'est bien cela!

Tra, la, la, la, la, la, Eu chantant oii peut se distraire !

Moyen économique autant que salutaire Pour tous les maux, surtout pour ceux de l'estomac. Trn, la, la, la, la, la, Tra, la, la.

(Il Unit par la chan'.er en entier à liaute voix.)

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