‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 77 sur 783 · BELLEAU, LE VICOMTE DE SAINT-ANDRÉ, COQUENET · texte numérisé non relu

BELLEAU, LE VICOMTE DE SAINT-ANDRÉ, COQUENET

coQUEisET, allant à lui et lui donnant la main. Bravo ! jeune lidinrae, bravo! une noble conduite qui vous fera honneur |)rès (les dames... toutes celles de la ville raffolent déjà de vous, à ce (]ue m'a dit madame Cof[ucnet, et vous aurez encore plus de succès ici qu'à Paris !..

LE VICOMTE. Encore un à qui on ne l'ôtera pas de l'idée. COQUENET. Voyez-vous, ce qu'on estime le plus en province, c'est la discrétion !.. peut-être parce qu'elle y est plus rare qu'ailleurs.

LE VICOMTE. Mais, Monsieur...

COQUENET. Et puis, non-seulemcnt c'est généreux... mais adroit... Aussi, vous y gagnerez... car on gagne toujours à se bien conduire... et si vous étiez convenu de la moindre chose... vous étiez perdu.

LE VICOMTE. Comment cela, s'il vous plaît?.. COQUENET. A cause du ministre !.. qui eût été furieux... On ne se laisse pas impunément enlever une si jolie maîtresse.

LE VICOMTE, étonné et regardant Belleau qui, de la tête, lui fait signe que oui. C'est la maîtresse du ministre?..

COQUENET. Qui n'eût jamais accordé à un rival la place <pril vous a promise... tandis que niaiiitenant, et en récompense...

LE VICOMTE. Quoi! Mousicur... vous pourriez croire... COQUENET. Ce n'est pas moi qui le dis... ce sont ces messieurs vos amis intimes... qui prétendent que^ d'ordinaire, vous ne défendez pas la réputation des dames... au contraire... mais que, dans cette occasion... et pour faire son chemin, on peut déroger, une fois par hasard, à ses principes.

LE VICOMTE. Mais c'est une infamie... Moi, capable d'un mensonge, d'une bassesse, pour un ministre, pour obtenir une place... Je sais donc, à leurs yeux, un indigne, un misérable... C'est pour cela que, tout à l'heure, Dervière a détourné la tète, et ne m'a pas salué...

COQUENET. Allons douc, vous vous trompez. LE VICOMTE. Non, uou, et je lui en demanderai raison... Mais apprenez-moi tout.... racontez-moi ce qu'ils ont dit... COQUENET. Rien que (rinoff<!usif et de tout naturel... ils prétendent que, maintenant, vous voilà ministériel, et qu'avant trois mois vous serez secrétaire d'ambassade... grâce à ce désaveu . . .

LE VICOMTE. Que je regrette maintenant... (.)ui, j'ai en tort... c'est ma faute... et pour un rien, je dir.us (|ue c'e-t vrai...

BELLEAU. Dame!., si c'est vrai, dites-le... LE VICOMTE. Eh non! morbleu! cela n'est pas!.. COQUENET, froidement. Alors, ne le dites pas, et ça reviendra au même! car maintenant, que vous le disiez ou non, ce sera exactement la même chose.

LE VICOMTE. Eh! Monsieur, vous me feriez damner, et si vous n'étiez pas un homme respectable... c'est à vous d'abord que je m'adresserais...

COQUENET, effrayé. Par exemple!..

LE VICOMTE, le rassurant. Eh non!., je sais bien que ci> n'est pas votre faute, que vous êtes innocent de tout ceci... Mais enfin, je ne sais plus que dire, ni (pie faire... je n'o.serai plus défendre cette jeune personne... et d'un autre e«'ité, cependant, et de peur de paraître iiiiiiislerii'l, je ne peux |.;is trahir ma consci(Mice et la véritii...

COQUENET, Silence! voici le ministre!..

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