SCÈNE IL
ERNEST, seul, le regardant sortir. Voilà le
monde !... voilà ceux qui réussissent ! Et moi !... moi, comment parviendrais-je jamais? Orphelin, sans fortune, je n'ai point de protecteur, point d'ami.:, personne ne s'intéresse à moi; et pour comble de malheur et d'extravagance il faut encore que je sois amoureux... et de qui? d'une grande dame pour qui je donnerais ma vie et qui sait à
LE JEUNE DOCTEUR
peine que j'existe.,, (5e jsromenanl à grands pas.) Je ne \mis dire ce que j'éprouvais tout à l'iKnirC;, peiî(i;iiit qu'il écrivait cette lettre, — C'était du de] il... de la.jalousie, delà rage., oui, delà rage!., et j,ourq;.oi ? est-ce que cela m'importe? est-ce que cela me regarde? est-ce que je suis quelque chose au monde? Aussi quand je songe à mon abaissement et à ma misère,, j'entre dans un accès de ressentiment contre tout le genre humain, j'ai besoin de me venger du malheur que j'éprouve. — Qui vient là? M. de Nangis... son mari! {Avec colère.) son mari ! vient-il me narguer av(.'c son bonheur ?
SCËNE III.