‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 120 sur 809 · LA PRINCESSE, MADEMOISELLE DE WEDEL · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, MADEMOISELLE DE WEDEL

MADEMOISELLE DE WEDEL, le regardant sortir, et allant fermer la porte. Il s'éloigne.

LA PRINCESSE, se jetant dans son fauteuil. Ah! Mathilde, j'ai cru que j'en mourrais.

MADEMOISELLE DE WEDEL. Ce n'est rien, Madame : ce n'est rien. Rassurez-vous, l'orage est passé, et le beau temps va venir. Sans doute M. de Linsberg est ici.

LA PRINCESSE. Non Vraiment.

MADEMOISELLE DE WEDEL. Comment, non? Mais il devrait être arrivé depuis longtemps !

LA PRINCESSE. Je n'y conçois rien. 11 faut que quelque heureux événement ait retenu ses pas, car sans cela il aurait rencontré mon père. Mais comment as-tu trouvé le moyen de lui faire parvenir cette clé!

MADEMOISELLE DE WEDEL. Allez, j'étais bien embarrassée! Moi, d'abord, et contre mon habitude, je n'avais pas réfléchi. Je vous avais promis, en vous quittant, de le voir, de lui parler, de lui remettre cette maudite clé; parce que dans ce moment-là je ne pensais à rien qu'à vous rendre service et à lui aussi. Mais comment faire? il était près de minuit, j'étais en costume de bal; le moyen de parvenir jusqu'à M. le comte de Linsberg, qui était sans doute retiré dans son appartement! En conscience, je ne pouvais pas le faire prévenir par sou valet de chambre que la première dame d'honneur de son altesse désirait lui parler... Aussi je me désespérais, lorsque j'aperçois sous le vestibule, et près de la porte, WiUiem, ce garçon jardinier, qui aujourd'hui, à ce que vous m'aviez dit, vous avait déjà remis un message. Ecoute, lui dis-je, en lui glissant ma bourse dans la main, il faut ici du zèle et de la discrétion; remets cette clé à la personne qui tantôt t'a chargé de présenter un bouquet à la pri»ces5e. Je comprends, »-til dit, et il est parti.

LA PRINCESSE. En effet, c'était le meilleur moyen. Ernest maintenant doit l'avoir reçue.

MADEMOISELLE DE WEDEL. Aussi je peuse que M. le comte ne doit pas tarder à venir.

LA PRINCESSE. Pourquoi ne dis-tu plus Linsberg, et ne l'appelles-tu que M. le comte ?

MADEMOISELLE DE WEDEL, troublée. Je ne sais. {En souriant.) C'est peut-être depuis que votre altesse ne l'appelle plus qu'Ernest. Mais je vous vois troublée, inquièle.

LA PRINCESSE. Oui. Il ne vient pas, et je crains que lui... que mon père... Ah! Mathilde, je suis bien malheureuse!

MADEMOISELLE DE WEDEL, avcc Sentiment. Malheureuse! pourquoi donc? puisqu'il vous aime? {Avec gaieté.) Allons, allons, ne pensons plus à cela, et ne soyons pas généreuse à demi. Je sais le moyen de calmer vos inquiétudes. {Elle ca pour sortir .)

LA PRINCESSE. OÙ VaS-tU dODC?

MADEMOISELLE DE WEDEL. Faire Un ingrat, car je cours protéger son arrivée et l'amener à vos pieds. {Elle sort par la porte à droite.)

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