‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 122 sur 809 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LA PUINCESSE, M. DE LINSBERG.

LA PRINCESSE. Quoi! c'cst VOUS, mon ami! Comment arrivez-vous ainsi? On ne vous a pas remis la clé Ue ce pavillon'.'

M. DE LINSBERG. Quelle clé?

L.K PRINCESSE. Celle que mademoiselle de Wedel vous a envoyée de ma part.

M. DE LINSBERG. Du tout : je n'ai rien reçu, et jo ne savais comment parvenir jusqu'à vous, lorsque j'ai pensé que le froid excessif avait dû geler le lac qui s'eteud jusque sous vos fenêtres : je me suis hasardé à le traverser, et je suis arrivé jusqu'ici sans accident, et sans que personne m'ait aperçu.

LA PRINCESSE. Voyez donc, mon ami, quelle imprudence ! Si la glace avait fléchi sous vus pas, si vous aviez couru le même péril que celui auquel vous m'avez airachce ce matin! Ernest, promettez-moi de ne plus vous exposer ainsi.

V. DE LINSBERG. Rassurez-Tous, aucun danger; mais quand il y eu aurait eu, que n'aurais-je pas bravé pour vous voir un seul instant, pour entendre du votre bouche mou pardon !

LA PRINCESSE. Mon ami, que tout cela soit oublié; j'ai tant de choses à vous dire!

u. DE LINSBERG. Oui, u'eu parlons plus. Mais, convenezen vous-même, Louise; ne m'avez-vous pas rendu bien malheureux?

LA PRINCESSE. Et vous, n'avcz-vous pas été bien injuste? Abuser de ma situation, me forcer devant toute la cour à vous dire des choses cruelles!.. Oser me soupçonner, et bien jdus, me le faire voira moi qui ne peuxme défendre, Ernest, est-ce généreux?

M. DE LINSBERG. Mais encore, pourquoi demander cette entrevue au prince de Neubourg?

LA PRINCESSE. Ne prévojaut aucun moyen d'échapper à cet hymen, je voulais me confier à sa générosité, je voulais tout lui avouer. C'était le seul moyen de nous en l'aire un protecteur, un ami.

M. DE LINSBERG. Quoi ! c'était là votre motif?

LA PRINCESSE. Oui, mais mainteauant il n'en est plus

LA NEIGE

temps : Je grand-dur, vionl do m'aoïionrcr que di;m.iiii mon niaringo serait déclare |iubli(|ni!mcnt à la ruiir.

M. DE LiNsiiKBG. Dcmaiii! grand Dieu!

LA pniNXESsE. Oui, c'est domain. Quel [larti prendre. ? Aliandonner mon père, le priver de sa fdie! jjma's. Ernest, je ne pourrai m'y résoudre. Mais lui faire un aveu qui doit allircr sur vous sa colère...

M. DE LiNSBEiiG. .\li! s'd u'exposait que moi!

LA PRINCESSE. Siluuco ! Evncst!.. n'entcnds-tu pas marcher?

M. DE LiNSitEBG. Oui, j'eulcnds dans le corridor les pas de ]ilusiours personnes.

SCIÎiMÏ Vlll.

Les pnÉcÉDEKTs, MADEMOISELLE DE WEDEL.

MADi;aoi.';Li.LE de wedel. Madame, Madame, voici M. de Liusl)crg. {Ajjerccvaitt Ernest.) Dieu! c'est lui. J'ai cru qu'il me suivait.

M. DE L1NSBERG. QuO ditt'S ■ VOUS?

MADE5I01.5ELLE DE WEDEL, lui fatsniit shjne de la main. C.ilmcî-vous ; c'esl moi, moi seule, rpii suis cause de tout! Empérhons du moins qu'on De nous surprenne. Fermons celte porle. {lille va fermer la porte qui est à droite des spectateurs si^r le second plan; et, en redescendant le thcdlre, elle se trouve entra la princesse et Itl. de Limbcrg.) Au milieu de l'oltsiurilé, j'avais cru vous reconnaiire dans le premier voslilnilc. Vous paraissiez incertain sur le cliemiu qu'il fallait pi cndre, et je vuu< avais indiqué àvoiv liasse les mo.Yi.'US d'arriver jusqu'ici.

LA rniNCCSSE. Taisons-nous, on est [irés de la porte.

MADEMOISELLE DE wiiDEL. Hourcusenicnt OU n'cnlrora pas

u. DE UNSiiEBG. Si vraiment; j'entends le l)ruit d'une clé; quel est le téméraire?

MADEMOISELLE DE WEDEL, montrant à la princesse la porte à gauclie. Rentrez, Madame.

M. DE LiNSBCRG. Oui, je veillerai snr vous.

MADEMOISELLE DE WEDEL, Ic poussunt dc l'autre côté. Non pas vous, mais moi. Si son liouneur vous est cher, ne vous montrez pas et laissez-moi faire. (Linsbcrg entre dans le cabinet à droite, sur le premier plan.) La i>oili: s'ouvre... Allons, du courage.

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